Ce vendredi, l'autorité de sûreté a mobilisé une vingtaine d'experts dans son centre de crise alors que l'alimentation du réacteur numéro 2 de la centrale de Flamanville ne reposait plus que sur un seul groupe électrogène de secours.La tempête Goretti, et ses vents ayant dépassé les 200 km/h par endroit, n’ont pas épargné la centrale nucléaire de Flamanville située sur la presqu'île du Cotentin face à la Manche. Les trois réacteurs de la centrale, dont l’EPR qui avait récemment atteint sa pleine puissance thermique après une laborieuse année d’essais, sont actuellement à l’arrêt. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) a, pour sa part, activé puis désactivé, en début de soirée, son centre de crise. L’autorité précise que l’événement « n’a pas d’impact sur la population et l’environnement ».
« Nous étions dans une situation un peu particulière. Habituellement, nous gréons notre centre de crise lorsque l’exploitant déclenche son Plan d’urgence interne (PUI). Dans le cas présent, EDF n’a pas déclenché son PUI mais un dispositif d’appui spécifique. Toutefois nous nous sommes retrouvés dans une situation un peu désagréable du point de vue de la sûreté dans la mesure où l’alimentation de l’unité 2 ne dépendait plus que d’un seul groupe électrogène de secours à moteur diesel et non deux », expose à La Tribune Christophe Quintin, l’inspecteur en chef de l’ASNR.
Un groupe électrogène de secours non disponible
L’unité deux était, en effet, arrêtée pour une maintenance programmée afin de remplacer des générateurs à vapeur. A l’occasion de cet arrêt, les équipes d’EDF ont également effectué des opérations de maintenance sur l’un des deux groupes électrogènes. Le rendant indisponible. « Il n’y avait donc plus d’alimentation électrique externe par les câbles et plus qu’un seul groupe électrogène disponible. C’est une situation qu’on a préféré gérer depuis notre centre de crise avec une vingtaine de personnes mobilisées », rapporte Christophe Quintin. Depuis, cette cellule a été « dégréée », alors que les équipes d’EDF s’attelaient à mettre en place un système d'alimentation redondant. Objectif : alimenter également l’unité 2 via l' EPR grâce à une configuration spécifique des armoires électriques.