Legrand booste ses résultats grâce aux datacenters et à sa réorganisation

Legrand mise beaucoup sur le marché des centres de données.
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Legrand mise beaucoup sur le marché des centres de données.
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Il était 9h35 ce matin à la Bourse de Paris quand Legrand a crevé l'écran. Le groupe a dépassé sa plus forte cotation historique le jour de l'annonce de ses résultats annuels. Les arguments sont solides : pour l'exercice 2025, la hausse du chiffre d'affaires s'élève à 9,6 % (9,48 milliards d'euros) et celle du résultat net à 6,7 % (1,24 milliard).
« La performance du groupe est remarquable en dépit d’un marché du bâtiment qui reste en retrait », écrit Benoît Coquard, le PDG de Legrand, qui emploie près de 40 000 personnes dans 90 pays.
Surtout, la croissance des ventes s'observe dans toutes les zones du monde, hormis l'Amérique du Sud. Le fabricant enregistre sa meilleure progression aux États-Unis (+17 % de chiffre d'affaires), où il réalise plus d'un tiers de ses ventes globales et peut compter sur ses propres filiales pour contourner les droits de douane instaurés par l'administration Trump.
La hausse est bien plus timide en Europe (+1,9 %), sur un continent durablement éprouvé par la crise de la construction neuve.
La construction est le cœur de métier historique mais l'entreprise basée à Limoges souhaite moins en dépendre.
Un autre relai de croissance a été massivement investi depuis 2018 : le marché des centres de données. En l'espace de sept ans, le groupe a conclu 18 rachats d'entreprises du secteur. La dernière acquisition en date, celle d'Avtron Power Solutions aux États-Unis, a été conclue en novembre pour 1,1 milliard de dollars.
L'activité datacenters représente désormais 26 % des affaires. Legrand ne s'arrêtera pas là et envisage de devenir un acteur de poids du domaine. Deux nouvelles acquisitions sur le continent américain ont été annoncées aujourd'hui. Des rachats qui lui permettent désormais de proposer des solutions intégrées, en fournissant différents composants nécessaires aux nouvelles infrastructures comme les racks de câblage, les systèmes de refroidissement ou jeux de barres.
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La croissance externe est devenue un moteur. « On cherche des entreprises de qualité, quel que soit le domaine d'activité, avec un intérêt supplémentaire pour les data centers, pour la transition énergétique », expliquait le PDG à La Tribune l'an dernier. La hausse du chiffre d'affaires est pourtant encore principalement organique (7 % de la croissance en 2025 contre 5,1 % issue des acquisitions).
La bonne santé de la firme s'exprime pleinement au moment où elle s'est lancée dans un plan de réorganisation. L'usine Valprod, à Limoges, a été la première usine à baisser le rideau l'an dernier, contraignant 54 salariés à envisager un reclassement. Deux autres sites vont suivre cette année dans l'Aisne et en Seine-Maritime, impliquant plus d'une centaine de salariés.
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Dans un contexte de crise durable du bâtiment, le fabricant choisit de délocaliser les activités à faible valeur ajoutée vers d'autres usines réparties dans le monde. En trente ans, un emploi français sur deux a disparu dans le groupe, passant de plus de 9 000 à 5 000 salariés en Métropole.
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