Malgré la grave crise que traverse le secteur, l’annonce de la fermeture de l’usine Valprod Legrand à Limoges a pris de court ses 54 salariés. Deux autres sites français disparaîtront en 2026 mais sans licenciements économiques, assure le groupe industriel qui regroupera des activités dans l'Hexagone et en délocalisera d'autres en Europe et en Asie.Le fabricant de matériel électrique a annoncé aux représentants du personnel lors du CSE central extraordinaire du 19 novembre un plan d'adaptation industriel qui entraînera la fermeture de l'usine Valprod, (54 salariés près de Limoges) et des sites de Fontaine-le-Bourg en Seine-Maritime (99 salariés) et de Guise dans l'Aisne (25 salariés). « L'accompagnement des salariés permettra leur reclassement sur d'autres postes au plus près de leur lieu de travail actuel ou ailleurs, en fonction de leurs besoins », assure toutefois la direction du groupe.
« Pour Valprod, on ne s'y attendait pas »
Face à la crise durable du bâtiment, Legrand réorganise ses productions au sein de ces sites français tout en délocalisant dans ses usines implantées à l'étranger des productions à faible valeur ajoutée. « Ces annonces consistent essentiellement en un redéploiement d'activités industrielles entre sites français ainsi que le transfert d'activités à faible valeur ajoutée vers des filiales du groupe à l'étranger, précise-t-il. L'objectif est de conserver ses positions de fabricant français de premier plan et [...] cela implique, pour Legrand, d'optimiser les surfaces utilisées et de créer davantage de synergies entre les différents sites concernés. »
À Valprod, où sont fabriquées les boîtes jaunes intégrées dans les cloisons sèches, la production sera délocalisée en Hongrie fin 2026. La fabrication des plaques et sous-plaques de la gamme Céliane partira à 3 km sur le site de Magré et la gamme ASL (rénovation) à Chabanais (Charente). Une annonce qui a surpris les délégués du personnel. « On ne s'y attendait pas, réagit Laurent Guéry délégué CGT Legrand. Valprod occupe 7.000 m2 sur 10.000 m2 et ce site est au milieu du technocentre et du site logistique. Il est invendable dans cette configuration donc il sera mis en veille a indiqué la direction qui n'a rien proposé aux 54 salariés. On leur a seulement dit qu'il y aura un poste sur le bassin d'emploi de Limoges, Chabanais et Confolens. »
Corinne Mérigaud, à Limoges