Entre augmentation du prix du baril et réduction massive de l'offre de pétrole, le spectre des années 1970 ressurgit. Mais assiste-t-on à un choc pétrolier ?« Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier ». Le ministre français de l'Économie, Roland Lescure, s'est montré pessimiste ce mardi sur la guerre au Moyen-Orient et les perturbations du détroit d'Ormuz. « Si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l'économie, et être au fond d'une nature plus systémique », s'est-il alarmé. Il a ensuite rétropédalé mercredi : « Je regrette d'avoir utilisé ce terme. Il s'appliquait dans mes mots à la situation internationale et en aucun cas à la situation française », a concédé le ministre.
Un choc pétrolier est un choc d’offre avec une hausse des prix et une augmentation ou une baisse de la production d’or noir qui a des conséquences sur l’économie mondiale. Le contexte géopolitique sous tension et l’augmentation importante du prix des barils rappellent les heures sombres des années 1970 et des deux précédents chocs.
Si les prix du pétrole ont entamé une décrue lundi à la suite des propos de Donald Trump sur de possibles discussions avec l’Iran, ils n’ont pas tardé à augmenter de nouveau ce mardi, tant le conflit au Moyen-Orient plonge les marchés dans l’incertitude. Le baril de Brent de la mer du Nord dépasse à nouveau les 100 dollars. La crainte qui paralyse les investisseurs est le blocage prolongé du détroit d’Ormuz, qui voit passer près de 20 % du pétrole mondial. L’Agence internationale de l’énergie a même libéré il y a deux semaines une partie de ses réserves stratégiques, soit 400 millions de barils, et envisage à nouveau d’en débloquer. Mais cette crise est-elle comparable aux précédents chocs pétroliers ?
Le baril avait quadruplé durant le choc pétrolier de 1973
Les deux premiers chocs pétroliers, de 1973 et 1978-1979, ont tous les deux vu une augmentation drastique des prix du baril. Ils ont quadruplé lors du premier et plus que doublé pour le deuxième, d’après les chiffres de Cité Gestion, banque privée suisse. Pour le moment, le pic a atteint 119 dollars pour le baril de Brent de la mer du Nord fin de semaine dernière. Avant la guerre, il avoisinait les 70 dollars, soit une augmentation de l’ordre de 70 %.