Le golfe de Gascogne doit devenir un axe fort de production et de transport d'électricité à l'échelle continentale mais le naufrage du parc éolien au large d'Oléron va retarder l'affaire. Huit ans après les premières discussions, l’État est appelé à trancher.
Quand l'idée d'un parc éolien au large des côtes charentaises surgit, en 2017, Ségolène Royal est encore ministre. C'est dire combien de temps il a fallu pour aboutir à un échec collectif. Il y a un mois tout pile, le ministère de l'Industrie et de l’Énergie déclarait « infructueux » le septième appel d’offres français sur l'éolien en mer, visant à installer 60 éoliennes au large de l'île d'Oléron, sur la façade atlantique.
Aucun des neuf consortiums d'entreprises dans la course n'a voulu de « l'AO7 ». Trop éloigné des côtes, trop technique par 70 mètres de profondeur et avec un prix garanti par l’État peu intéressant au regard de sa complexité.
« Pour Oléron, quel que soit le développeur, aucun modèle économique ne tournait à 60 euros le mégawattheure », affirme l'un des candidats, sous couvert d'anonymat, au sujet du prix cible imposé par l’État. « Il y avait déjà eu des signaux d'alerte à cause de ces contraintes. La question du modèle économique intenable avait été évoquée », rappelle Sylvain Roche, ingénieur de recherche à Sciences-Po Bordeaux, qui le soulignait déjà dans nos colonnes il y a un an et demi. L'échec de l'appel d'offres est la preuve ultime que les entreprises ne bluffaient pas.
Contrairement à d'autres dans le domaine de l'éolien, le projet n'a pourtant pas manqué de concertation. Le débat public organisé en 2022 a particulièrement mobilisé et a vu s'organiser la fronde des pêcheurs associés à de nombreux élus locaux et associations environnementales. L'opposition était telle qu'elle a carrément conduit à rejeter le parc à 40 kilomètres des côtes contre dix prévus initialement. Les impératifs de sauvegarde de la biodiversité et l'influence de la pêche locale auront donc compliqué la vie du projet... et peut-être bien plus encore.
L'escadron d'éoliennes promis au large d'Oléron n'est qu'une brique du destin électrique du golfe de Gascogne. Le parc initial d'une puissance d'un gigawatt (GW), qui aurait reposé sur fondations, devait être étendu avec Oléron 2, une installation similaire. L'avenir, ou du moins le calendrier des deux projets sont ainsi remis en question. Côté raccordement, cette tranche devait bénéficier d'un câble sous-marin dédié, dont le coût estimé à plus de deux milliards d'euros est à la charge de la société publique RTE.
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