Au large d'Oléron, premier échec pour l’éolien en mer en France

Pierre Cheminade, avec Marine Godelier

Un parc éolien en mer
CC Pixabay by Julia Schwab

Pierre Cheminade, avec Marine Godelier

Un parc éolien en mer
CC Pixabay by Julia Schwab
Cet échec était pressenti depuis le printemps puisque la quasi-totalité des neuf candidats pour le parc éolien en mer au large de l'Île-d'Oléron (Charente-Maritime) avait déjà acté leur renoncement. Mais c'est désormais officiel : l'appel d'offres 7 a été déclaré infructueux par le ministère des Finances ce 24 septembre.
Le projet prévoyait à l'horizon 2030 d'installer 35 à 70 éoliennes, d'une puissance cumulée de 0,5 à 1 GW. Et éventuellement un second parc, posé ou flottant, d'une puissance d'au plus 1 GW. Avec un coût global estimé entre 1,5 et 3 milliards d'euros.
Cet échec est dû à un équilibre économique jugé intenable par les candidats dont TotalEnergies, RWE, Skyborn-Cobra, Iberdrola, Qair, EDF ou encore Ocean Winds, consortium entre Engie et EDP Renováveis. Ils ont jeté l'éponge les uns après les autres après avoir faire tourner leurs modèles. Il faut dire que ce parc éolien additionnait les contraintes avec un prix plafond proposé par l'État à 100 euros le mégawattheure (MWh) pour la vente de l'électricité produite et même 60 euros pour le prix cible. « A ce prix là, on ne sait pas faire », commentait au printemps un représentant de la société espagnole Iberdrola.
Un montant très insuffisant au regard des difficultés techniques de ce parc qui aurait été l'installation éolienne sur fondations la plus profonde au monde, avec une hauteur sous-marine de 70 mètres. Car c'est bien là le problème : malgré l'éloignement du parc à 40 kilomètres des côtés décidé à l'issue du débat public de 2021, le tarif n'a pas été révisé. Quatre ans plus tard, l'échec est désormais consommé.
La partie n'est pas pour autant terminée pour un parc éolien au large d'Oléron. L'Etat pourrait relancer un appel d'offres avec de nouvelles conditions. « Nous allons contacter les candidats un à un pour comprendre pourquoi ils ne sont pas allés au bout, et voir ce qui les ferait changer d’avis. Il faut être sûr que les contraintes techniques n'empêchent pas d'avoir prix compétitif », commente le cabinet du ministre de l'Industrie et de l’Énergie. Certains avaient par exemple suggéré que le prochain appel d'offre porte sur l'installation d'éoliennes flottantes.
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A l'inverse, l'appel d'offres pour un parc éolien situé au large de la baie de Seine, en Normandie, a été attribué au consortium Cotentin Energies Marines, associant TotalEnergies et RWE. Ce parc de 1 500 MW sera situé lui-aussi à plus de 40 km des côtes mais présente moins d'enjeux techniques puisque le tarif proposé Cotentin Energies Marines s'élève à seulement 66 €/MWh.
Pierre Cheminade, avec Marine Godelier