Seulement 20 % du textile et des cadeaux mis en circulation par le Comité d’organisation des Jeux olympiques de Paris 2024 ont été fabriqués par des entreprises françaises. Le reliquat de ce marché, qui s’est chiffré en dizaines de millions d’euros, leur a échappé et est arrivé le plus souvent en provenance de Chine. « Il s’agit d’une anomalie d’autant plus flagrante que la réindustrialisation du pays marque de premiers signes nets d’essoufflement depuis 2024, déplore Olivier Ducatillion, président de l’Union de l’industrie textile, et porte-parole de l’Alliance du fabriqué en France. La création de l’AFF, qui pour la première fois réunit patronat et syndicats tournés vers le même objectif de défense de la souveraineté nationale, a pour justement vocation de remettre cette question en haut de la pile des priorités économiques ».
Aux grands mots, donc les grands moyens : en recherchant un consensus employeurs-salariés, la nouvelle structure mise sur « l’évangélisation » de ces derniers. « Les salariés, syndiqués ou non, étant avant tout des consommateurs, il est indispensable de porter à leur connaissance certains chiffres éclairants, poursuit Olivier Ducatillion qui s’appuie sur une étude de KPMG publiée fin 2025, Notamment qu’une entreprise produisant localement réinjecte en moyenne 84 % de son chiffre d’affaires dans l’économie nationale contre seulement 35 % pour une société commercialisant des produits importés ». Autant de données qui devraient être rapidement médiatisées auprès du grand public via des campagnes de communication à l’instar de celle lancée il y a 33 ans par la CCI France intitulée : « Nos emplettes sont nos emplois ».