A La Rochelle, immersion dans un site stratégique pour les terres rares
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Le ministre délégué à l'Europe, Benjamin Haddad, en visite sur le site de Solvay à La Rochelle
Yohan Bonnet
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Le ministre délégué à l'Europe, Benjamin Haddad, en visite sur le site de Solvay à La Rochelle
Yohan Bonnet
4 mètres au dessus de la tête du ministre, les centaines de tuyaux métalliques et de câbles forment des ponts entre les différentes unités de production de l’usine. A quelques pas de la délégation, des cuves d’intrants s’élèvent en colonnes, sans réussir à dépasser les dizaines de mètres de hauteur du four. L’ensemble du site de production de terres rares de Solvay à La Rochelle rappelle aux visiteurs combien la chimie est essentielle dans ce secteur où tout débute par la mine.
« On y fait ici de la transformation de terres rares recyclées ou issues de minerais. Elles permettent de créer des aimants permanents dont on a besoin dans des industries critiques pour notre autonomie stratégique et environnementale », vante Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe, en visite sur le site rochelais ce mercredi. Impossible pour lui de faire un tour complet : l’usine fait 40 hectares. C’est là, à un kilomètre du pont de l’île de Ré, qu’est née en 1948 la Société française des terres rares, initialement conçue pour la production de pierre à briquets, restée pendant longtemps la première usine mondiale de transformation de terres rares. Elle est désormais aux mains de Solvay, géant belge de la chimie.
Le savoir-faire industriel a été conservé. Sur place, les photos sont limitées pour protéger l’entreprise. Et pour cause : le procédé chimique de séparation des 17 éléments est un sujet sensible.
Avec l’usine Silmet en Estonie, le site de La Rochelle est le seul d'Europe à procéder à cette séparation. Les terres rares, un ensemble de 17 éléments du tableau de Mendeleïev, arrivent chez Solvay sous la forme de « big bag », de grands sacs blancs qui contiennent le minerai brut. Mais certains de ces sacs, venus du Canada, ont un contenu plus original : à l’intérieur se trouvent des aimants permanents broyés, dont l’usine s’emploie à recycler les terres rares qui s’y mêlent. En avril dernier, Solvay inaugurait une nouvelle ligne de production entièrement dédiée à ce recyclage et annonçait vouloir atteindre 30 % de la production européenne de terres rares à l’horizon 2030. « On a toujours purifié des terres rares ici. Nos installations ne se sont jamais arrêtées», souligne Cyril Massin, directeur de projet sur le site, « mais on propose depuis avril les oxydes nécessaires aux aimants ». Ces aimants sont particulièrement recherchés dans les moteurs électriques et les éoliennes.