Énergies renouvelables : le partage de la valeur entre les territoires et les citoyens devient incontournable

L'implantation d'un parc éolien est souvent contesté localement, rallongeant considérablement les temps de développement.
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L'implantation d'un parc éolien est souvent contesté localement, rallongeant considérablement les temps de développement.
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Le parc solaire ou éolien est un voisin qu’on ne peut plus se contenter d’imposer aux habitants d’un territoire, dans une seule logique commerciale ou financière en récompense d’une nuisance subie.
L’enjeu n’est donc plus seulement d’éviter les blocages, mais bien de créer un intérêt collectif autour de ces projets. Car l’écosystème des énergies renouvelables (ENR) veut s'en convaincre : derrière les oppositions locales se cache moins une hostilité de principe qu’un manque de transparence et de dialogue avec les différentes parties prenantes que sont notamment les citoyens. C’était l’un thèmes centraux du Forum Energaïa, grand rendez-vous européen des ENR qui se tient les 10 et 11 décembre à Montpellier.
Déconstruire les idées reçues, mobiliser des tiers de confiance, intégrer la protection de la biodiversité, font partie maintenant des impératifs incontournables à tout projet.
Mais l’approche pour faciliter le développement des ENR va aujourd’hui un cran plus loin : la seule acceptabilité des projets ne suffit plus, on parle maintenant d’une appropriation. Laquelle passe par une valorisation concrète des bénéfices locaux : création d’emplois, diversification des revenus agricoles, stabilisation des coûts énergétiques, etc. Le partage de la valeur constitue désormais un levier central.
Frédéric Ichard, est maire de Lacapelle-Ségalar, petite commune tarnaise de 90 habitants. Il est aussi vice-président du syndicat en charge des sujets de transition énergétique du Tarn, membre de la Fédération nationale des collectivités dévolues aux services publics locaux en réseau (FNCCR). Sa théorie repose en quelque sorte sur deux triptyques : « acceptation, appropriation et partage de la valeur » dans une synergie « développeur-collectivité-citoyens ».
Françoise Matheron, maire de Saint-Bauzille-de-Montmel et vice-présidente à l’Urgence écologique de la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup, dans l’Hérault, donne un exemple concret de partage de la valeur :
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« Nous avions un stade de foot inutilisé et après en avoir discuté avec les associations, nous avons décidé de le couvrir d’ombrières tout en gardant la possibilité de pratiquer du sport en-dessous. Ce n’est pas esthétique mais cela produit 30 % de l’énergie utile à notre commune. Et dans une période compliquée pour les finances communales, nous récupérons un loyer pendant trente ans via une soulte qui nous permet de faire des travaux en-dessous ».
Des histoires comme celle-ci, Pascale Courcelle dit en connaître plein, France Renouvelables distribuant chaque année ses « Trophées des élus de l’électricité renouvelable »… Des élus qui peuvent améliorer des services publics grâce aux retombées des projets ENR, notamment grâce à l’IFER (imposition forfaitaire des entreprises de réseaux), cette taxe prélevée sur les entreprises de réseaux (énergie, transport ferroviaire et télécommunications) au profit des collectivités territoriales et de leurs établissements publics.
Frédéric Ichard nuance toutefois, arguant que l’IFER est peu connu du citoyen : « C’est insuffisant : il faut bien expliquer qu’au-delà de cette fiscalité, on peut créer de la valeur sur le lieu où on vit. Par exemple, financer l’installation d’une borne de recharge pour véhicules électriques ou, comme à Lacapelle-Ségalar, le projet de doter la mairie d’un système d’autoconsommation individuelle ».
Françoise Matheron estime, elle aussi, que l’IFER est très éloigné du citoyen, mais raconte que la Communauté de communes du Grand Pic Saint-Loup qui le perçoit a décidé d’attribuer annuellement une somme directement à une commune d’implantation, « une initiative solidaire, pas prévue par la loi mais possible » qui lui donne immédiatement des moyens financiers supplémentaires.
Outre la fiscalité locale et des loyers, la possibilité pour la collectivité et le citoyen d’intégrer la gouvernance et le capital des projets reste l’un des principaux leviers de partage de valeur.
L’autre levier efficace, parce qu’il redonne un sens à la production énergétique, c’est l’autoconsommation collective, « qui permet d’avoir accès à une énergie verte, en circuit court, et moins chère », souligne Frédéric Ichard. Un dispositif qui, selon le co-président de Energie Partagée, permet aussi « de prendre conscience qu’on partage un bien commun, et de faire évoluer les comportements alors que nous sommes habitués à appuyer sur un interrupteur pour avoir de l’électricité ».
Alors que le bashing va bon train sur les énergies renouvelables et que ces enjeux vont prendre un tour encore plus sensible à l’approche des élections municipales de 2026, Françoise Matheron martèle qu’« il faut associer les citoyens à tout ce qui est fondamental à leurs besoins comme l’eau, l’énergie ou l’alimentation : s’ils comprennent, ils s’intéressent et s’investissent sur le sujet ».
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