Le gouvernement a confié à Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot une mission sur les coûts des énergies renouvelables tricolores. Une décision qui ne fait pas l’unanimité chez les professionnels, inquiets de l’utilité réelle de ce travail, alors que la PPE3 se fait toujours attendre.La nouvelle est tombée ce mercredi matin comme un couperet et interroge toute une filière. Selon Les Echos, le gouvernement est sur le point de confier à deux personnalités de haut niveau « une mission d’évaluation sur le financement et l’intégration au système électrique » français des énergies solaires et éoliennes.
Selon le quotidien économique, ce grand rapport sera piloté par Jean-Bernard Lévy, déjà bien connu en tant qu’ancien patron d’EDF (2014-2022). Son binôme sera Thierry Tuot, conseiller d’Etat et premier directeur général de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) entre 2000 et 2003, puis à la tête de son comité de sanctions et du Comité de règlement des différends et Sanctions (CoRDIS). En clair, deux connaisseurs du secteur, l’un côté industriel et l’autre côté administration. Ils seront tous deux soutenus par le Conseil général de l’économie, rattaché à Bercy.
Le profil de Jean-Bernard Lévy pas assez « neutre »
Pour Daniel Bour, président d’Enerplan, syndicat des professionnels de l’énergie solaire, ces deux profils ont des « compétences légitimes » au vu de leur parcours dans le secteur. D’autant que, confie-t-il à La Tribune, « Jean-Bernard Levy avait fixé une stratégie claire pour développer les énergies renouvelables au sein d’EDF ».
Le son de cloche est radicalement différent du côté de Jules Nyssen, président du syndicat des énergies renouvelables (SER). Pour lui, confier cette mission à Jean-Bernard Lévy, ancien patron d’EDF pose en soi une question de « neutralité » dans cette mission. Jules Nyssen ajoute que le mandat de l’ancien dirigeant s’est tenu au moment du « dérapage des coûts » du réacteur EPR de Flammanville et de Hinkley Point C, au Royaume-Uni. L’expert se dit enfin « scandalisé » par cette initiative du gouvernement, qui aurait dû, « c’est la moindre des choses », prévenir d’abord les filières concernées, avant de partager cette information dans la presse.