Alors que la consommation d’électricité stagne en France, l’organisme chargé d’équilibrer l’offre et la demande, RTE, s’apprête à revoir ses scénarios. Depuis dix ans, ses projections varient fortement, ce qui rend la planification énergétique incertaine.Comme un « hic » dans l’équation. Alors que la production d’électricité s’accroît en France, la demande ne suit pas. Résultat : l’organisme chargé d’équilibrer le système, RTE, s’apprête à revoir ses scénarios sur les « futurs énergétiques », en y intégrant une baisse de la consommation à l’horizon 2030-2035. Selon le site spécialisé Montel News, celle-ci chuterait même de 9 % par rapport aux estimations précédentes.
Ce revirement est loin d’être anecdotique : qui dit moins de besoins, dit moins de nouveaux moyens de production à sortir de terre. Alors que le gouvernement s’apprête à publier la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), un décret qui définit la stratégie du pays en la matière, les détracteurs des renouvelables saisissent l’occasion pour réclamer un ralentissement du solaire et de l’éolien en France. Tandis que d’autres remettent en question l’intérêt d’un nouveau programme nucléaire, au moins tant que la demande reste atone.
Volte-face en 2017
Mais voilà : malgré son importance pour décider quels investissements valent le coup, la question de la consommation reste, en réalité, très difficile à anticiper. Preuve en est, les scénarios prospectifs de RTE font le yo-yo depuis dix ans sur le sujet.
Il pariait alors sur une hausse de la consommation électrique des Français afin de remplacer le pétrole et le gaz. Celle-ci devrait atteindre autour de 500 térawattheures (TWh) à cet horizon, contre 465 TWh à l’époque. Deux ans plus tard, en 2016, RTE nuançait néanmoins cette prévision en imaginant une inflexion de la demande à moyen terme, sans pour autant remettre en question le travail de 2014.