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Energie et Industrie

Retards de paiement : pourquoi les amendes infligées à Sanofi, LCL et Basic Fit ne sont qu'un début

latribune.fr

Publié le 25 août 2025 à 14:26 - Mis à jour le 25 août 2025 à 14:32

Retards de paiement : une douzaine de milliards de trésorerie manque aux PME.

Retards de paiement : une douzaine de milliards de trésorerie manque aux PME.

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Le Quotidien Numérique

06 juin 2026

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Sanofi, LCL, Basic Fit… La DGCCRF a récemment infligé de lourdes amendes à ces grands groupes pour retards de paiement, un phénomène en forte dégradation en 2024. Alors que les PME manquent de 15 milliards d’euros de trésorerie en raison de ces délais, le gouvernement prépare une nouvelle offensive pour durcir les sanctions.

Le gouvernement accélère sa lutte contre les retards de paiement interentreprises, un fléau économique qui mine la trésorerie des PME. Dans une annonce qui fait suite à d’autres sanctions rendues publiques ce mois-ci, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a infligé de lourdes amendes à des noms bien connus du paysage économique français. Le groupe pharmaceutique Sanofi (1,65 million d’euros), la banque Crédit lyonnais (LCL) (1,5 million d’euros) et la chaîne de salles de sport Basic Fit (410 000 euros) sont les dernières cibles de cette offensive. Ces sanctions, bien que significatives, ne sont qu’un volet d’une offensive plus vaste, avec le Premier ministre, François Bayrou, en première ligne pour durcir les mesures coercitives.

Ces nouvelles amendes s’inscrivent dans une série de sanctions qui ont déjà visé des poids lourds comme Fnac Darty (3,9 millions d’euros), Cdiscount (2,1 millions d’euros) et SFR (860 000 euros). Ces pratiques illustrent un problème structurel en France, dont la gravité est mise en lumière par les récentes données de la Banque de France. Selon ses chiffres, les retards de paiement se sont dégradés « de manière significative » en 2024, repassant au-dessus de la moyenne européenne. L’institution monétaire a révélé que seules 50 % des grandes entreprises respectent aujourd’hui les délais de paiement, privant les PME de 15 milliards d’euros de trésorerie supplémentaire en 2024. Une situation d’autant plus critique pour ces petites et moyennes entreprises qui dépendent souvent de flux de trésorerie stables pour leur survie et leur développement.

Un arsenal législatif jugé insuffisant

Face à cette détérioration, le gouvernement estime que les sanctions actuelles ne sont pas suffisamment dissuasives. Le plafond des amendes, actuellement jugé trop bas, ne pèserait pas assez lourd dans les bilans financiers des grands groupes, qui peuvent parfois préférer payer l’amende plutôt que d’améliorer leurs pratiques. C’est dans cette optique que le Premier ministre, François Bayrou, a annoncé sa volonté de passer à la vitesse supérieure. Il a déclaré mi-juillet vouloir des sanctions qui pourraient atteindre « jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires » des entreprises incriminées. Une mesure forte qui pourrait potentiellement représenter des montants bien plus élevés que les amendes actuelles, et qui est soutenue par les médiateurs de l’entreprise et du crédit.

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Les retards de paiement ne sont pas seulement un problème de flux de trésorerie. Pour les PME, ils peuvent avoir des conséquences bien plus graves. En plus de créer des difficultés pour couvrir les charges courantes, ils peuvent freiner l’investissement, la recherche et le développement. Une PME qui n’est pas payée à temps peut se retrouver dans l’incapacité de financer un nouveau projet, d’embaucher, ou même de se développer à l’international. Cette situation de fragilité se répercute sur l’ensemble de l’économie, créant une onde de choc qui pénalise la croissance et la création d’emplois. C’est pour cette raison que la lutte contre ce phénomène est considérée comme une priorité par l’exécutif, qui y voit un levier essentiel pour renforcer la compétitivité et la résilience du tissu économique français. Les entreprises concernées, de leur côté, justifient parfois ces délais par des contraintes administratives ou des procédures internes complexes. Toutefois, la DGCCRF reste ferme, rappelant que la loi est claire : le respect des délais de paiement est une obligation, pas une option.

(Avec AFP)

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