Trésorerie, marges, investissements : comment les entreprises anticipent 2025

Laurence Bottero
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L'instabilité politique accentue le climat d'incertitude pour les entreprises.
© Regis Duvignau / Reuters

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L'instabilité politique accentue le climat d'incertitude pour les entreprises.
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Jusque-là, tout allait bien. Ou presque. Fidèle à son comportement habituel, la région Provence Alpes Côte d'Azur subit, avec décalage, les effets négatifs de la conjoncture économique. Avec un taux de chômage à 7,8 % — le plus bas depuis 1982 —, une activité soutenue, seulement 38 % des entreprises en Provence signalant une baisse au deuxième trimestre, et des investissements globalement préservés malgré l'inflation et la hausse des coûts énergétiques, le Sud a su faire preuve de résilience. Sauf que le contexte national et, surtout, le flou engendré par l'instabilité politique est venu balayer tout cela.
C'est ce que soulignent principalement les différentes notes de conjoncture. Dans les Bouches-du-Rhône, le bilan de la CCI Aix-Marseille Provence révèle une situation préoccupante, avec un niveau d'activité des entreprises en chute libre à -41 %. Trésorerie, marges, chiffre d'affaires, investissement... tous les indicateurs font état d'une économie qui marque le pas, 31% des TPE/PME prévoyant une détérioration des carnets de commande quand 28 % s'attendent à une dégradation de la trésorerie. Les investissements, eux, sont clairement interrompus, en recul de 20%, alors même que les retards de paiement alimentent les difficultés, plus de 56% des entreprises y étant confrontées et remarquant une hausse.
Le Club de la conjoncture, initié par la Chambre de commerce et d'industrie régionale (réunissant France Travail, l'URSSAF, la Banque de France, la DREETS, la Chambre des métiers et de l'artisanat, la Préfecture de Région, NDLR) appuie le constat, révélant une baisse des déclarations d'embauche, certes sensible, à -1,4% sur un an, mais qui concerne majoritairement les CDI (-4,9%). Un élément qui vient confirmer le manque de confiance des chefs d'entreprises dans le comportement de l'économie ces prochains mois.
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Leur inquiétude concerne d'ailleurs davantage l'économie nationale que leurs propres capacités à faire face à la tempête. Si les entreprises avouent être confiantes dans leur adaptabilité à 54%, seulement 11% d'entre elles expriment le même sentiment à l'égard de l'économie tricolore et internationale.
Laurence Bottero