L’explosion survenue en décembre sur le site d’Elkem Silicones, près de Lyon, a rappelé le risque encouru par les habitants vivant à proximité de tels sites. La sécurisation de ces logements est une préoccupation de premier ordre pour les élus locaux cette année, le soutien financier de l’État à la réalisation des travaux de sécurisation s’arrêtant fin 2026.Avec dix entreprises classées Seveso « seuil haut » réparties sur une dizaine de communes au sud de Lyon, la Vallée de la chimie possède l’un des plus vastes plans de prévention des risques technologiques (PPRT) de France, adopté en 2016. Ces dispositifs, créés en 2003, établissent des protocoles de sécurité et des mesures de prévention pour réduire les risques d’accident. Celles-ci prennent différentes formes : expropriations, restrictions d’usage des établissements recevant du public ou sécurisation des logements à proximité selon les aléas cartographiés.
À l’échelle nationale, 15 630 logements sont concernés par ces travaux — création d’une salle de confinement ou renforcement des vitrages — visant à améliorer leur sécurité. Ces chantiers sont pris en charge à 100 %, rappelle la préfecture de région, grâce à un « dispositif de financement tripartite mis en place en 2018 ». Le coût se répartit comme suit : 30 % par les six industriels à l’origine du risque, 30 % par la Métropole et la Région, et 40 % par l’État grâce à un crédit d’impôt sur le revenu versé l’année suivante.
« Ce crédit d’impôt n’est à ce jour garanti que jusqu’à la fin de l'année 2026 », confirme la préfecture. Les élus locaux et l’association Amaris (l’association des collectivités pour la maîtrise des pollutions et des risques industriels) appellent l’État à repousser, de nouveau, cette échéance.
Plus de 40 % de logements non protégés
Fin 2025, seuls 37 % des logements concernés par un PPRT en France avaient bénéficié des travaux nécessaires, et 56 % d’un diagnostic, révèle Gilles Brocard, référent technique au sein d’Amaris. Il pointe du doigt des disparités importantes entre les communes. Avec 52 % d’habitations sécurisées (soit 2 800 sur les 5 500 du parc privé concerné) et 64 % ayant fait l’objet d’une analyse, selon les chiffres de la préfecture de région, les communes du sud de Lyon font figure de bonnes élèves. C’est notamment le cas de Feyzin, dont plus de 60 % des habitations répondent aux mesures du PPRT, confirme Marc Mamet, maire de la commune, alors que les difficultés perdurent à Saint-Fons.