Contre les maladies infectieuses et face à l'antibiorésistance, les phages, ces virus permettant la régulation des bactéries à l'état naturel, constituent-ils une solution pharmaceutique ? Longtemps délaissés par la recherche occidentale, ils sont aujourd'hui réinvestis dans la lutte contre les infections bactériennes, à l'heure où la résistance aux antibiotiques représentait 1,27 million de décès directs dans le monde en 2019 selon une étude du Global Research on Antimicrobial Resistance, impliquant 3.500 chercheurs dans 203 pays.
Implanté à Lyon, au cœur du plus grand écosystème européen consacré aux biotechnologies, Phaxiam est l'un des acteurs internationaux du sujet. Né le 23 juin dernier de la fusion des biotech Erytech et Pherecydes Pharma, la société, cotée au Nasdaq, entend engager prochainement des études cliniques en phagothérapie. L'objectif : proposer des combinaisons et des alternatives aux antibiotiques face à certaines infections, dont les endocardites (vannes cardiaques), les infections pulmonaires et ostéoarticulaires. Pour ces dernières, la société espère lancer une étude randomisée de phase 3 (la dernière avant mise sur le marché) en Europe et aux Etats-Unis à partir de fin 2024, à visée d'enregistrement.
« Erytech était une entreprise relativement mature, avec des expertises en développement clinique, un positionnement international et une trésorerie importante, mais elle avait échoué dans la phase 3 de son programme le plus avancé. De l'autre côté, Pherecydes disposait d'un portefeuille clinique conséquent, avec beaucoup d'options, mais des problématiques de refinancement. Il apportait des produits et Erytech des expertises. Nous nous sommes naturellement rapprochés, ce qui est peu courant dans le monde des biotech. Il s'agit de l'une des premières fusions d'entreprises cotées », détaille Thibaut du Fayet, directeur-général de Phaxiam.