L'année s'achève, l'heure est au bilan, et il s'annonce catastrophique dans le champ de la santé mentale. Selon Santé Publique France, un adulte sur six a vécu un épisode dépressif au cours des 12 derniers mois. 3,4 % des adultes déclaraient des idées suicidaires en 2022, en augmentation de 0,6 point par rapport à 2020. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 13 millions de personnes présentent un trouble psychique chaque année en France. Une situation dégradée qui pèse sur les dépenses publiques, à l'heure où le déficit de la Sécurité sociale dépassera sûrement les 20 milliards d'euros l'année prochaine.
Un rapport parlementaire publié il y a quelques jours révèle que les troubles psychiatriques et les traitements psychotropes ont coûté 27,8 milliards d'euros à l'assurance-maladie en 2023. Cela fait de la santé mentale la catégorie pathologique la plus coûteuse, devant les cancers. Si l'on étend la facture aux coûts indirects (productivité, soins annexes...), elle s'élève même à 163 milliards d'euros sur une seule année. Le rapport souligne que « ces dépenses sont en forte progression depuis 2019, quand elles étaient auparavant stables ». Une situation alarmante qui a poussé le gouvernement de Michel Barnier, puis celui de François Bayrou, à désigner la santé mentale comme « grande cause nationale » en 2025.