Alors que les arrêts de travail sont en constante augmentation et régulièrement dans le viseur du gouvernement, une étude menée par l’association Acteurs de la French Care et la MGEN révèle que 20 % de ces arrêts sont liés à des troubles psychiques. Au total, 3,4 millions d’actifs français ont été concernés par des pathologies mentales ou la prise de traitements psychotropes en 2022, représentant un coût global de 24,7 milliards d’euros sur l’année, révèle le cabinet Asterès, en charge de l’étude. Ce chiffre a peu évolué entre 2015 et 2022 et « on ne s’attend pas à ce que les chiffres de ces dernières années se soient améliorés », précise Antoine Tesnière, président des Acteurs de la French Care.
Dans le détail, 60 % du coût de la santé mentale chez les actifs en France est supporté par l’Assurance maladie, 31 % par les employeurs et le reste par les complémentaires santé. Il s’agit des coûts directs, principalement liés aux remboursements de soins ou de médicaments, mais aussi à la baisse de productivité liée aux arrêts de travail. « Nous n'avons pas quantifié le présentéisme - consistant à se rendre au travail avec un problème de santé qui l'empêche d'être productif, ou encore les sorties du marché du travail qui ne sont pas des décès », précise Jérémie Sécher, directeur général adjoint MGEN. « Les impacts économiques de l'étude sont donc un minimum. »
L’étude s’est ainsi focalisée sur les individus entre 20 et 64 ans ayant des maladies psychiatriques diagnostiquées comme des troubles addictifs, une déficience mentale ou encore des troubles névrotiques et de l’humeur, mais aussi sur ceux qui prennent des traitements liés à la santé mentale sans avoir été diagnostiqués. Le rapport précise aussi que « le mal-être, le stress ou la fatigue professionnelle sont exclus, s’ils ne sont pas associés à des pathologies ou à des traitements ».