Conformément aux préconisations de l’AIE, chaque importateur net de pétrole doit conserver des stocks de pétrole équivalents à au moins 90 jours d’importations (photo d'illustration).
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INFOGRAPHIE. 400 millions de barils de pétrole provenant des stocks stratégiques des pays membres de l’AIE seront prochainement débloqués pour contrer la flambée des prix. Les membres du G7, dont la France, affichent d’importants stocks.
Les informations à retenir
Quels sont les pays disposant des plus grosses réserves stratégiques ?
Les États-Unis dominent largement avec 415,4 millions de barils de brut stockés par l'État.
Le Japon arrive en deuxième position mondiale avec 470 millions de barils (étatiques et privés).
En Europe, l'Allemagne possède le stock le plus important avec environ 177 millions de barils.
La possibilité de piocher dans les réserves stratégiques de pétrole a été actée « à l’unanimité » ce mercredi par les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Quatre cents millions de barils de brut provenant de leurs stocks seront ainsi prochainement débloqués.
Conformément aux préconisations de l’AIE, chaque importateur net de pétrole doit conserver des stocks équivalant à au moins 90 jours d’importations. Mobilisables en cas de crise, ils visent à atténuer les « impacts économiques négatifs » liés à des perturbations de l'approvisionnement, comme c’est le cas depuis le début du conflit au Moyen-Orient, ou à des pénuries.
L’objectif de la manœuvre est, en l'occurrence, de contrer la flambée des prix de l'or noir. Les cours du brut s’affolent depuis le début de l’opération militaire américano-israélienne contre l'Iran. Entre le premier jour du conflit, le 28 février dernier, et ce mercredi 11 mars, le prix du baril de Brent, référence du marché mondial, a bondi de 28 %, s’établissant autour des 90 dollars. Il avait grimpé jusqu’à 119,50 dollars au cours de la journée de lundi. Une hausse qui se ressent déjà à la pompe.
L’annonce de l’AIE est intervenue juste avant une réunion en visioconférence des dirigeants du G7 (États-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon et Canada). Elle fait suite aux déclarations du Japon et de l’Allemagne, qui avaient fait part de leur décision de puiser dans leurs propres réserves.
Parmi les membres du G7, les États-Unis disposent du plus gros volume. Environ 415,4 millions de barils de brut y sont stockés au 27 février, selon les chiffres de l’AIE relayés par Reuters. Washington dispose en outre de 439,3 millions de barils de réserves commerciales détenues par des acteurs privés.
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Suit ensuite le Japon, avec 470 millions de barils équivalents pétrole recensés à fin décembre. Cela comprend 260 millions de barils de brut dans les stocks étatiques.
Côté européen, l’Allemagne détient la réserve la plus remplie. Près de 110 millions de barils de pétrole brut et 67 millions de barils de produits finis peuvent être mis sur le marché en quelques jours, selon le ministère allemand de l'Économie. Vient ensuite la France, avec 120 millions de barils (brut et produits finis) à la fin 2024, dernières données disponibles. S’y ajoutent 39 millions de barils détenus par les opérateurs pétroliers du pays. L’Italie n’a pas répondu aux sollicitations de Reuters ; l'on ignore si le pays respecte les quotas de l’AIE.
Enfin, le Royaume-Uni détient, à fin février, 38 millions de barils de brut et 30 millions de barils de produits raffinés, selon le ministère de la Sécurité énergétique et du Zéro net. Le Canada, exportateur net, n’est pas tenu de disposer de réserves stratégiques et n’en a pas.
Avant la décision de ce mercredi et depuis sa création en 1974, l’AIE a par cinq fois puisé dans les réserves stratégiques. D’abord en 1991, à l’approche de la guerre du Golfe. Puis en 2005 lors du passage des ouragans Katrina et Rita et en 2011, quand la guerre civile a éclaté en Libye. Les deux dernières fois remontent à 2022, suite à l’invasion russe en Ukraine.