Guerre au Moyen-Orient : quel risque pour l’inflation française ?

L’inflation s’est affichée à +1 % en février 2026, selon une estimation provisoire de l’Insee (photo d’illustration).
SL/ - REUTERS - STEPHANIE LECOCQ

L’inflation s’est affichée à +1 % en février 2026, selon une estimation provisoire de l’Insee (photo d’illustration).
SL/ - REUTERS - STEPHANIE LECOCQ
« Un peu plus d’inflation et un peu moins de croissance » : telles devraient être les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, selon le gouverneur de la Banque de France. Interrogé ce mercredi au micro de RTL, François Villeroy de Galhau ne s’est toutefois pas montré particulièrement inquiet pour le sort de la France. Pour lui, l’inflation « restera basse » dans l’Hexagone. Le responsable de l’institution monétaire s’est toutefois affiché prudent. « Beaucoup de choses vont dépendre de la durée du conflit », démarré le 28 février dernier, a-t-il rappelé.
Un précédent confirme l’impact d’un conflit sur les prix. Le 24 février 2022, la Russie envahissait l’Ukraine, marquant le début d’une guerre toujours en cours.
Dans la foulée, l’inflation, déjà orientée à la hausse, a accéléré. Le premier bond a été enregistré dès mars 2022, avec une inflation à +4,5 % contre +3,6 % en février. La progression a continué jusqu’à un premier pic en juillet, à +6,1 %. Elle s’est ensuite maintenue dans une fourchette haute (entre +5,6 et +6,3 %) jusqu’en avril suivant, date de l’amorce de sa décrue.
Ce n’est toutefois qu’en novembre 2023 que l’inflation est revenue à son niveau d’avant-guerre. Sur l’ensemble des années 2022 et 2023, la hausse des prix s’est affichée à un niveau très élevé, respectivement +5,2 % et +4,9 % en moyenne, contre +1,6 % en 2021.
La situation diffère aujourd’hui. L’inflation était plus basse en février 2026 (+1 %) au début de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran que quatre ans auparavant. Si elle repart à la hausse, la pression sur les prix devrait être plus limitée qu’à cette époque.

L’inflation en 2022 avait été nourrie surtout par la forte hausse des prix de l’énergie. La Russie était alors un important fournisseur de gaz et de pétrole pour l’Europe.
En une semaine, le cours du TTF, référence du gaz naturel européen, avait bondi de +69 %. Le mégawattheure passait ainsi de 134 à 227 euros. Le cours du Brent, référence du marché mondial de l’or noir, avait augmenté de +31 %, atteignant un pic historique à 129 dollars le baril le 8 mars 2022.
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Les répercussions de la guerre au Moyen-Orient portent davantage sur le pétrole, la région figurant parmi les principaux producteurs au monde. Entre le début du conflit et ce mercredi, le cours du Brent a grimpé d’environ +28 %, s’établissant autour des 90 dollars. Il a temporairement atteint 119,50 dollars au cours de la journée de lundi. Du côté du gaz, l’augmentation est élevée (+56 %) mais le prix du mégawattheure, à 49 euros, reste loin de son record de 2022. Cette flambée est notamment due à l’arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) par le Qatar, qui pèse pour 20 % du marché mondial.

L’envolée de l’inflation n’avait pas uniquement été causée par des effets directs de la guerre en Ukraine. Selon la Banque centrale européenne (BCE), la « hausse des bénéfices [des entreprises] a joué un rôle important dans la hausse de l’inflation », en particulier après le troisième trimestre 2022. Ce constat figure dans un document d’avril 2023 repéré par le média Toute l’Europe. Certaines sociétés avaient ainsi augmenté leurs marges. Les spéculations sur les marchés agricoles mondiaux auraient aussi joué un rôle.
Les responsables européens veulent éviter que la situation ne se reproduise. « Nous ne laisserons pas l’inflation s’installer », a promis François Villeroy de Galhau ce mercredi.
Des propos alignés sur ceux de la présidente de la BCE. Christine Lagarde a affirmé que l’institution monétaire ferait tout le « nécessaire » pour maîtriser les prix face à la flambée de l’énergie.
L’une des pistes évoquées par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) pour contenir la hausse est de recourir aux réserves stratégiques de pétrole. Ce déblocage par les grands pays, d’un niveau même supérieur à celui de 2022, devrait être acté ce mercredi, selon le Wall Street Journal.
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