Selon nos informations, la start-up de production de batteries Verkor et le géant de l’acier ArcelorMittal s'apprêtent à signer un contrat d’allocation de production nucléaire avec EDF, afin de bénéficier d’électricité sur le long terme. Sous pression, l’énergéticien aurait assoupli ses conditions sur la question du prix et le versement de l’avance en tête.C’était l’un des points de tension qui a participé au limogeage de Luc Rémont, l’ancien PDG d’EDF, le 21 mars dernier : l’énergéticien ne signait pas assez de contrats d’électricité sur le long terme avec des industriels pour leur offrir de la visibilité sur les prix, après l’extinction du mécanisme actuel d’encadrement des tarifs, dit « Arenh » (accès régulé à l’électricité nucléaire), prévue fin 2025.
Six mois plus tard, le train semble désormais lancé : après avoir pris les rênes en mai 2025, le nouveau PDG du groupe détenu par l’État, Bernard Fontana, est parvenu à négocier deux nouveaux CAPN, ces contrats d’allocations de production nucléaire noués pour 10 à 15 ans. Selon nos informations, Verkor et ArcelorMittal s’apprêtent à signer un engagement ferme en ce sens dans les toutes prochaines semaines, après de longues négociations. Le principe : leur réserver une portion de la production du parc atomique, avec des volumes et des coûts qui sont ensuite fonction des performances des réacteurs.
Verkor et ArcelorMittal rejoindront donc les quatre entreprises ayant d’ores et déjà conclu un CAPN pour un volume total de 1 térawattheure (TWh) par an : Datafor, Lafarge, un industriel dans les batteries dont le nom n’a pas été divulgué et Kuhlmann Europe. En mars dernier, seul ce dernier comptait parmi les acheteurs. Pour tous ceux-là, les conditions restent inconnues, en premier lieu le prix de vente de l’électricité.
Les coûts réels du nucléaire, une question de méthode
En plus de ces accords fermes, une quinzaine d’entreprises ont signé une lettre d’intention non engageante afin de profiter d’un CAPN, pour un total de 15 TWh par an. En décembre dernier, EDF n’en comptabilisait que six, pour environ 10,5 TWh de consommation, ce qui avait poussé le gouvernement à lancer un ultimatum à EDF. « Avec la fin de l’Arenh qui approche [et de la possibilité d’acheter plus de la moitié de son électricité au prix cassé de 42 euros le mégawattheure (MWh] il y a maintenant urgence », glisse à La Tribune un grand industriel.