Il y a quelques semaines, Paul de la Guérivière, président de BW Ideol, concepteur de fondations flottantes implanté à La Ciotat, ne cachait pas ses ambitions en confiant, à La Tribune, sa vision. « Notre stratégie est d’avoir une fondation standardisée, que ce soit la même quels que soient les projets, qui permet justement d’être fabriquée à partir d’usines. C’est très particulier d’un point de vue stratégique puisque ce serait à la fois un produit standardisé - la même coque sur les différents projets - et en plus fabriquée à partir d'une usine qui sert, elle aussi, différents projets ». Déjà, le fondateur de BW Ideol dessinait les contours d’une organisation industrielle. Laquelle va à l’encontre de l’alternative actuelle qui vise à « fabriquer et concevoir des flotteurs projet par projet ».
En associant Holcim à sa stratégie, BW Ideol acte une accélération certaine dans cette volonté de créer « une nouvelle filière industrielle ». En effet, le cimentier suisse devient actionnaire minoritaire et sera un partenaire « stratégique pour la fourniture de matériaux innovants » et notamment « les formulations de béton structurel léger et bas carbone » jugées « particulièrement adaptées aux projets éoliens en mer » par Dragan Maksimovic, responsable régional Europe de l’Ouest d’Holcim. Des matériaux qui seront dès lors destinés aux deux lignes de fabrication de flotteurs en béton, développées par BW Ideol. L’une à Fos-sur-Mer qui prend la forme d’un projet d’usine « Fos3F » sur la plateforme Deos qui a, notamment, été sélectionnée par la Commission européenne dans le cadre du Fonds pour l’Innovation pour recevoir une subvention allant jusqu’à 74 millions d’euros. « Notre projet est de transformer ces projets d’éolien flottant en mer en source de production d’énergie, mais également la création d’une nouvelle filière industrielle, d’à peu près 1 200 emplois et la mise en valeur du local pour l’approvisionnement en béton par exemple », détaillait Paul de la Guérivière. A partir de 2029-2030, c’est trente fondations flottantes par an qui devraient ainsi être produites, soit l’équivalent d’entre 500 et 600 MW produits par an. L’autre ligne se situe dans le nord-est de l’Ecosse, à Ardersier. « L’Ecosse est un très gros marché pour l’éolien flottant : ils ont attribué en 2022 plus de 20GW de projets en phase de développement et qui devraient progressivement entrer en production à partir de 2030 », analyse Paul de la Guérivière. Et d’affirmer, « au niveau européen, les deux principaux pays pour le développement de l’éolien flottant sont, pour nous, le Royaume-Uni et la France ». Un objectif désormais amorcé.