Au-dessus des 120 dollars le baril, le pétrole au plus haut depuis le choc de la guerre en Ukraine
latribune.fr
Dans un contexte de forte sensibilité aux risques géopolitiques, le baril s'est hissé à des niveaux plus vus depuis les premiers mois de la guerre en Ukraine.
REUTERS - Denis Balibouse
Porté par les craintes d’un blocus prolongé contre l’Iran, le pétrole s’envole et retrouve des niveaux proches des pics enregistrés lors des premiers mois de la guerre en Ukraine.
La perspective d’un durcissement du blocus américain contre l’Iran propulse le brut à des niveaux inédits depuis 2022, dans un climat déjà électrique pour les investisseurs en pleine saison des résultats. Les marchés mondiaux vacillent sous l’effet d’une nouvelle poussée des prix du pétrole, alimentée par les craintes d’un blocus américain prolongé contre l’Iran. Dans un contexte de forte sensibilité aux risques géopolitiques, le baril s’est hissé à des niveaux plus vus depuis les premiers mois de la guerre en Ukraine.
« Le sentiment se détériore mercredi alors que les marchés digèrent une nouvelle hausse des prix du pétrole », commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB. Le Brent de la mer du Nord a dépassé jeudi les 120 dollars, tandis que le WTI américain atteint la zone des 107 dollars. Une envolée alimentée par des informations de presse et des signaux politiques venus de Washington.
Selon un haut responsable de la Maison Blanche, Donald Trump aurait évoqué la possibilité d’un blocus contre l’Iran se prolongeant « pendant plusieurs mois » lors d’une réunion avec des dirigeants du secteur pétrolier mardi.
Blocus durable
Cette perspective a été renforcée par une publication du Wall Street Journal, évoquant des consignes présidentielles demandant à préparer un scénario de blocus durable visant à accentuer la pression sur Téhéran dans le dossier nucléaire. « Tous ceux qui espéraient la fin du blocus cette semaine ont été fortement déçus », souligne Kathleen Brooks. « Les marchés financiers doivent désormais intégrer la perspective d’un blocus durable. »
Pour l’analyste, la dynamique actuelle marque un tournant : « il s’agit d’une nouvelle phase de la guerre en Iran, et les prix du pétrole pourraient revenir vers les sommets de mars autour de 120 dollars le baril pour le Brent ».
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Au-delà des tensions immédiates sur les cours, c’est toute la mécanique de l’offre mondiale qui se tend, avec le détroit d’Ormuz — passage stratégique par lequel transitait avant le conflit environ 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié mondial — au cœur des inquiétudes.
Dans le même temps, la décision des Émirats arabes unis de quitter l’Opep à compter du 1er mai ajoute une nouvelle couche d’incertitude sur un marché déjà sous pression. Pour les analystes énergie Helge André Martinsen et Tobias Ingebrigtsen de DNB, cette annonce « constitue la plus grande menace existentielle du cartel depuis sa création en 1960 ».