Transition énergétique: les patrons d'EDF et TotalEnergies appellent à travailler avec la Chine

Patrick Pouyanné, Président Directeur Général TotalEnergies
LAURENT LE CRABE - REAix

Patrick Pouyanné, Président Directeur Général TotalEnergies
LAURENT LE CRABE - REAix
Le patron de l'énergéticien EDF, Bernard Fontana, a évoqué un récent déplacement en Chine pour mieux comprendre le développement de la filière nucléaire, soulignant un "partenariat ancien" avec "nos amis chinois".
Il a témoigné de l'efficacité de l'industrie nucléaire chinoise, capable de réaliser "en deux semaines" ce qui pourrait prendre "deux ans" en France, sur un site qui, à l'origine, a été bâti avec l'aide des firmes françaises.
"L'aide qu'ils nous apportent, elle est méthodologique et ils le font avec plaisir, mais ça ne crée pas une dépendance. On voit que les enjeux sont à notre portée et il faut aller les chercher", a affirmé M. Fontana, dont c'était la première visite comme patron d'EDF à ce rendez-vous annuel réunissant chefs d'entreprises, responsables politiques ou économistes.
De son côté, le PDG du groupe TotalEnergies Patrick Pouyanné, lui grand habitué, a renchéri: "Ce qui est impressionnant, c'est la capacité d'exécution des Chinois", a-t-il dit, évoquant aussi une récente visite en Chine. "J'ai essayé de comprendre comment ils arrivent à construire un réacteur par mois en ce moment, des usines absolument neuves en deux ans. Il y a une vraie différence entre les deux écosystèmes. [...] En Chine, quand ils veulent construire une usine nouvelle. Ça y est, deux ans, ça y va, la zone industrielle est libérée et on construit", a-t-il lancé.
"Je pense que maintenant il faut qu'on leur dise de venir, mais à nos conditions. Moi, je n'ai pas peur des Chinois. Je pense que l'Europe, c'est pas en mettant la ligne Maginot qu'on va y arriver. Il va se passer pire, ils vont rentrer sans nous rien nous apporter", a-t-il poursuivi.
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"Ce qu'il faut, c'est mettre maintenant des conditions", a-t-il affirmé, proposant de nouveau de créer des co-entreprises avec une répartition du capital de 51%-49%, avec partage de technologies, comme les Chinois l'avaient demandé aux groupes européens s'implantant en Chine. "Maintenant nous Européens, on doit faire cela, on a besoin d'eux, sinon on va être en retard", a-t-il ajouté.
Le PDG de TotalEnergies, une major pétrolière qui continue à investir pour que l'électricité représente 20% de ses ventes à l'horizon 2030, a estimé que l'Europe avait "raison d'avoir un prix du carbone élevé". "Lorsqu'on prélève [...] la taxe sur le CO2 en Europe, elle doit servir à réinvestir dans les industries pour les décarboner. C'est ça le combat qu'on doit mener à Bruxelles. Ce n'est pas baisser le prix du CO2", a-t-il dit.
Bernard Fontana a également estimé qu'il existait "un chemin qui nous permet d'avancer de façon compétitive": en prenant en compte le coût de l'ensemble du système - "et pas seulement un bout" - et en veillant à son équilibre (fréquence, puissance, etc.).
(Avec AFP)