Déchets radioactifs : le coût du projet d’enfouissement Cigéo réévalué à 33,4 milliards d’euros
latribune.fr
Un employé photographié dans le réseau de tunnels du projet Cigéo, un site de laboratoire nucléaire et de stockage souterrain exploité par l’Agence nationale française pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) à Bure, en France, le 8 avril 2019.
BT/OLA - REUTERS - Benoit Tessier
Déchets radioactifs : le coût du projet d’enfouissement Cigéo réévalué à 33,4 milliards d’euros
Un arrêté signé en 2016 par la ministre de l’Écologie et de l’Énergie d’alors, Ségolène Royal, avait évalué le projet global à 25 milliards d’euros, soit un coût moindre.
Le coût de Cigéo, projet contesté d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse), est désormais estimé à 33,36 milliards d’euros par l’État. Selon un arrêté publié ce mercredi 1er avril au Journal officiel, ce montant remplace les 25 milliards envisagés en 2016.
Cette actualisation se fonde sur les conditions économiques de janvier 2025. Elle s’inscrit dans la fourchette de l’Andra, comprise entre 26,1 et 37,5 milliards d’euros.
Une durée de vie de 151 ans
Cette estimation inclut « les phases de conception, de construction initiale, d’exploitation et de fermeture, sur une période de 151 ans à partir de 2016 », indique l’arrêté signé par le ministre de l’Économie Roland Lescure et la ministre déléguée à l’Énergie Maud Brégeon.
« Le coût de la phase de construction initiale est évalué à 9,74 milliards d’euros » tandis que « le coût de la fiscalité » due par l’Andra « est évalué à 3,66 milliards d’euros », selon l’arrêté, toujours aux conditions économiques de janvier 2025.
Un coût moindre à l’origine
Un arrêté signé en 2016 par la ministre de l’Écologie et de l’Énergie d’alors, Ségolène Royal, avait évalué le projet global à 25 milliards d’euros aux conditions économiques de fin 2011. Des organisations antinucléaires avaient à l’époque dénoncé « un montant largement sous-estimé ».
Cette réévaluation doit servir de « référence » aux trois exploitants nucléaires (EDF, Orano, Commissariat à l’énergie atomique) qui financent le projet à travers des provisions au titre du principe du « pollueur-payeur ».
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Le projet Cigéo consiste à stocker les déchets nucléaires les plus radioactifs à 500 mètres sous terre. Il concerne 10 000 m³ de « haute activité » et 73 000 m³ de « moyenne activité à vie longue ». L’Andra a déposé la demande formelle d’autorisation en janvier 2023, la décision n’est pas attendue avant fin 2027/début 2028.