INFOGRAPHIE. Si les prix des carburants se maintiennent autour des deux euros le litre, comme c’est le cas actuellement en raison de la guerre au Moyen-Orient, rouler à l’électrique permettrait d’économiser 77 euros par mois, soit 924 euros à l’année, selon l’ONG T&E.
Les propriétaires de voitures électriques ne connaissent pas (autant) la crise que ceux de véhicules thermiques. Une étude de l’ONG Transport & Environment (T&E), parue mardi, révèle en effet que la hausse des prix à la pompe – ils ont augmenté de +20% pour le diesel et de +10% pour l’essence en moins de trois semaines – accroît l’avantage économique de la voiture électrique.
Chiffres à l’appui. « Si le prix de l’essence se maintient dans les prochaines semaines autour des deux euros par litre, faire le plein de carburant coûtera 142 euros par mois en moyenne, contre 104 euros avant le début du conflit en Iran », présage l’ONG. Une hausse de 37 % qui sera moins marquée pour ceux qui roulent à l’électrique. À distance identique, il leur en reviendra 65 euros pour leur recharge, une estimation qui prend en compte une potentielle hausse des prix de l’électricité de +12 % liée au coût du gaz.
L’économie réalisée grâce à l’électrique représenterait ainsi 77 euros mensuels, soit 924 euros par an, par rapport à un véhicule thermique, d’après l’ONG. « Rouler en voiture électrique, c’est bénéfique pour le pouvoir d’achat », appuie Diane Strauss, directrice de T&E France, dans un communiqué.
Les économies ne s’arrêtent pas aux frontières françaises. Selon l'étude de T&E, les 8 millions de véhicules électriques en circulation au sein de l’Union européenne ont permis à ses 27 membres d'éviter l’importation de 46 millions de barils en 2025, sur un total d’un milliard de barils destinés aux véhicules thermiques. Soit une économie de 2,9 milliards d’euros sur l’année, sur une facture globale de 67 milliards d’euros.
Le calcul est encore plus élevé dans une étude du think tank Ember, spécialisé sur l’énergie, publiée ce mercredi. L’économie réalisée sur un an y est chiffrée à 8 milliards de dollars (environ 6,9 milliards d’euros) pour l’Europe au sens large – incluant le Royaume-Uni et la Norvège. Ce, avec un prix du baril de pétrole à 80 dollars. Un niveau dont il s’affiche loin depuis le début du conflit au Moyen-Orient, oscillant même autour des 100 dollars depuis près d’une semaine.
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À l’échelle de la planète, Ember estime que le parc mondial des véhicules électriques a permis d'éviter une consommation de pétrole de 1,7 million de barils par jour en 2025, après 1,3 million l’année précédente.
L’enjeu de l’électrification
Comme mettent en avant les experts d’Ember : « La fragilité de l'approvisionnement mondial en combustibles fossiles souligne pourquoi le développement des énergies renouvelables et de l'électrification est essentiel à une sécurité énergétique durable. » D’autant plus qu’il s’agit de la deuxième crise majeure des énergies fossiles en seulement quatre ans, après celle de 2022 liée à l’invasion de la Russie en Ukraine.
Dans ce contexte, le think tank britannique comme l’ONG Transport & Environment appellent les pays à accélérer sur l’électrification de leur parc automobile. « Cette crise pétrolière ne sera sûrement pas la dernière : plutôt que de subir encore et toujours la hausse des prix à la pompe, électrifions notre parc automobile pour alléger notre facture d'énergie et retrouver en même temps une forme de souveraineté énergétique », enjoint la directrice de T&E France.
Dans l’Hexagone, les véhicules électriques ont représenté un cinquième (20 %) des ventes en 2025, en hausse de trois points sur un an (16,9 % en 2024), selon les chiffres de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Un niveau supérieur à celui de l’ensemble de l’UE (17,4 % en 2025 après 13,6 % l’année précédente). Reste que ce sont les voitures hybrides et celles à essence qui sont encore les plus achetées, en France comme dans l’UE.