Automobile : un début d’année dans le rouge, l’électrique ne suffit plus à soutenir le marché
latribune.fr

Depuis le début de l’année, les immatriculations reculent de 11,1 %.
Freepik
latribune.fr

Depuis le début de l’année, les immatriculations reculent de 11,1 %.
Freepik
Les ventes de voitures neuves continuent de s’enfoncer. En février, 120.764 voitures particulières ont été immatriculées en France, soit une chute de 14,7 % sur un an, selon les chiffres publiés par la Plateforme automobile (PFA), qui représente les intérêts de la filière. Après un mois de janvier déjà en net recul, le marché confirme son passage à vide.
La tendance est lourde. « On est sur du -30 % par rapport à 2019 », rappelle un porte-parole de la PFA. La crise sanitaire a constitué une rupture durable dans le comportement d’achat des ménages, entre télétravail, arbitrages budgétaires et montée des prix. Résultat, le marché français ne parvient toujours pas à retrouver son niveau d’avant-Covid.
Comme en janvier, le mois de février marque un point bas historique : « un plus bas pour un mois de février comme on n’en avait pas vu depuis quinze ans », à l’exception de 2022, année paralysée par la pénurie mondiale de semi-conducteurs. À l’époque, les constructeurs ne pouvaient tout simplement pas produire suffisamment de véhicules, faute d’accès à ces composants devenus stratégiques.
Depuis le début de l’année, les immatriculations reculent de 11,1 %. La reprise espérée tarde à se matérialiser après une année 2025 déjà dégradée, plombée par l’inflation persistante, la hausse des taux de crédit et un climat d’incertitude politique qui a pesé sur la confiance des ménages.
Sur le front de l’électrique, la dynamique paraît plus contrastée. En février, les véhicules 100 % électriques ont représenté 27 % des immatriculations, en léger retrait par rapport au record de 28 % atteint en janvier. Un niveau élevé, mais que la PFA invite à relativiser. Selon son porte-parole, cette progression tient en partie à un « effet d’optique » lié au leasing social (dispositif public de soutien à l’achat de véhicules électriques) et à l’obligation faite aux entreprises d’électrifier progressivement leurs flottes.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

« On est loin d’une vraie dynamique », prévient-il, estimant que l’effet pourrait s’atténuer dans les prochains mois si la demande des particuliers ne prend pas le relais.
Du côté des constructeurs, la situation est contrastée. Le groupe Stellantis (Citroën, Peugeot, Fiat, Opel…) limite la casse avec un repli de 7,3 % en février. En revanche, le groupe Renault accuse une chute de 23,5 %.
La fragilité française s’inscrit dans un contexte plus large. Selon l’Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA), le marché automobile européen reste inférieur d’environ 20 % à son niveau de 2019, malgré le rebond observé après la crise des semi-conducteurs. Les volumes ne retrouvent pas leur trajectoire d’avant-pandémie, freinés par la hausse des coûts de production, la transition énergétique et une concurrence accrue, notamment chinoise, sur le segment électrique.
Les prix moyens des véhicules ont fortement progressé depuis cinq ans, sous l’effet conjugué de l’électrification, des normes environnementales plus strictes et d’un positionnement plus « premium » de certains constructeurs. Selon plusieurs analyses sectorielles, le prix catalogue moyen d’une voiture neuve en Europe dépasse désormais largement les 30.000 euros, ce qui contribue à exclure une partie des ménages du marché du neuf.
À l’échelle mondiale, l’électrique continue toutefois de gagner du terrain. D’après l’Agence internationale de l'énergie (AIE), plus de 14 millions de voitures électriques ont été vendues en 2023 dans le monde, portant leur part de marché à environ 18 % des ventes globales. En Europe, cette part dépasse les 20 %, soutenue par les réglementations climatiques et les dispositifs d’aide publique.
latribune.fr
Autoroute A69 : Le Conseil d'État examine le dossier, le rapporteur public défavorable aux opposants
Automobile : Renault, Volkswagen et Stellantis tentent de verrouiller le marché européen avec le « made in Europe »
Xavier Moreau (Iveco Bus) : « Nous accusons des retards du fait d’un goulot d’étranglement »
La Métropole de Lyon confirme son virage sur les mobilités