Le blocage du détroit d’Ormuz a provoqué un brusque sursaut des marchés pétroliers. Si les experts relativisent l’ampleur du choc, une perturbation durable du transit, doublée des inquiétudes sur les installations pétrolières saoudiennes récemment ciblées, pourrait rapidement faire grimper le baril bien au-delà des 100 dollars. À la pompe, le litre d’essence pourrait alors flirter avec les 2 euros.Le choc était redouté, il est resté contenu… pour le moment. À l’ouverture des marchés, le cours du Brent, la référence internationale pour le baril de pétrole, s’est envolé de 13 % avant de se stabiliser autour de 79,20 dollars, soit une hausse d’environ 9 %, en réponse au conflit au Moyen-Orient ayant provoqué le blocage du détroit d’Ormuz, un passage éminemment stratégique pour l’exportation des hydrocarbures. Le Brent n’avait pas atteint un tel niveau depuis janvier 2025.
Pétrole : la hausse reste modérée malgré le blocage d’Ormuz
Pour mémoire, entre 17 et 20 millions de barils par jour transitent habituellement par ce détroit. Soit un cinquième de la production mondiale. Il s’agit du pétrole produit par l’Arabie saoudite, l’Irak, les Émirats arabes unis et le Koweït. Ces barils sont principalement exportés vers les pays asiatiques. Jamais le détroit n’a été officiellement fermé, mais son passage a été largement perturbé à deux reprises dans l’histoire récente : entre 1984 et 1988 lors de la guerre Iran-Irak, puis en 2019, lors des tensions entre les États-Unis et l’Iran.
Si le cours du pétrole n’avait pas atteint un niveau aussi haut depuis 14 mois, la plupart des experts s’accordent à relativiser l’impact de l’attaque menée par Israël et les États-Unis et des ripostes de l’Iran sur le marché pétrolier. « Cette hausse est notable, mais elle n’est pas catastrophique », estime Édouard Lotz, responsable de la recherche sur les marchés énergétiques chez Epsa. De fait, elle reste bien plus mesurée que la hausse de plus de 50 % observée sur le marché gazier.