La fin de Novasco, actée début décembre et suivie de l’envoi des lettres de licenciement, devient effective ce 29 décembre avec la rupture des contrats des 531 derniers salariés. La chute de Novasco alimente le débat sur l’avenir de la sidérurgie européenne. Ancien député européen et ex-syndicaliste d’ArcelorMittal, Edouard Martin déplore les choix stratégiques qui ont conduit à cette issue.
Les ruptures de contrats des salariés de Novasco sont effectives ce lundi 29 décembre, au terme du délai légal de 21 jours prévu par les contrats de sécurisation professionnelle. Ces 531 licenciements actent la liquidation définitive de l’aciérie. Ils révèlent aussi les fragilités de la politique industrielle française et européenne face à la concurrence internationale, notamment chinoise.
Chez Novasco, le site principal de Hagondange (Moselle), historiquement le plus important du groupe, a cessé toute activité. L'emprise foncière reviendra aux collectivités locales, qui travaillent à des solutions de reconversion. L’unité de finition de Custines (Meurthe-et-Moselle) est également concernée par la liquidation, tout comme le site de Saint-Étienne (Loire), qui n'a pas trouvé de repreneur. Le site de Leffrinckoucke (Nord) fait exception : l’usine dite des Dunes a été partiellement reprise par Métal Blanc, permettant le maintien de 144 emplois.
Édouard Martin a été député européen (Socialistes et Démocrates) entre 2014 et 2019. Il a également été syndicaliste (CFDT), et a siégé au comité d'entreprise européen d'ArcelorMittal. Expert des enjeux économiques de la sidérurgie, il replace la disparition de Novasco dans une perspective plus large : celle d’un affaiblissement progressif de l’industrie de l’acier, conséquence selon lui d’un manque de stratégie cohérente et de l'absence d'une vision à long terme.
LA TRIBUNE - En décembre 2015, vous avez fait adopter au Parlement européen un rapport sur le développement d’une industrie européenne durable des métaux de base. Vous proposiez un mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pour l’acier. Dix ans plus tard, estimez-vous que l'Europe a perdu la bataille ?
EDOUARD MARTIN - Il n’est pas trop tard. Est-ce qu’on veut encore une industrie forte de production d’acier sur le territoire européen ? Si la réponse est oui, on arrête de regarder les trains passer. Je ne dis pas qu'il faille copier Donald Trump. Mais à un moment donné, l'Europe devra elle aussi imposer des taxes, surtout dans le secteur de l'acier.
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