Pépite du traitement et de la séparation des terres rares, Carester accueille deux nouveaux investisseurs stratégiques à son capital, un Français et un Américain. De quoi compléter les capitaux tricolores et japonais qui soutiennent déjà cette première brique d’un hub européen des terres rares à Lacq, au pied des Pyrénées.« Les premières machines sont arrivées dans l’usine. Les tests de mise en route débuteront dès le mois d’août en vue de la commercialisation prévue début 2027 », planifie Frédéric Carencotte, le fondateur et dirigeant de Carester. Fondée en 2019, cette start-up lyonnaise construit une ambitieuse usine de recyclage de terres rares. Baptisée Caremag, elle est implantée au cœur de l’ancien bassin gazier de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques.
Cette future usine, unique en France, doit permettre de séparer, recycler et valoriser sous forme d’oxydes métalliques quatre terres rares lourdes : le praséodyme (Pr), le néodyme (Nd), le terbium (Tb) et le dysprosium (Dy). Autant de composants essentiels des aimants permanents et, par ricochet, des technologies liées aux énergies renouvelables, à l’aéronautique, à l'électronique ou encore à la défense.
Une usine scrutée par les pouvoirs publics
Et alors que l’extraction et la transformation de ces terres rares sont archi-dominées par la Chine, qui s’en sert comme arme géopolitique vis-à-vis des États-Unis, du Japon et de l’Union européenne, les projets de Carester sont regardés de près par les pouvoirs publics. D’autant que l’usine Caremag ambitionne de recycler à court terme 2 000 tonnes d’aimants et de raffiner 5 000 tonnes de concentrés miniers par an.
Pour cela, elle a déjà reçu début 2025 le soutien financier de l’État français (106 millions d’euros d’avances remboursables) et du conglomérat japonais Iwatani Corporation (110 millions d’euros). « Il nous fallait désormais disposer de la trésorerie nécessaire pour lancer la production, acheter les matières premières et rembourser les crédits d’impôts le temps que l’usine puisse démarrer puis générer du chiffre d’affaires », détaille Frédéric Carencotte.