A l'heure où les projets de revitalisation et de renaturation des sols fleurissent au coeur des villes, trois acteurs de la région lyonnaise ont choisi de s'associer au pionnier francilien Terre utile. Avec un objectif : créer des synergies pour sécuriser leurs approvisionnements et développer le marché de la terre végétale recyclée en région lyonnaise.« Dans le monde du BTP, on oublie souvent que beaucoup de terres partent en décharge lorsqu'on réalise des chantiers, soit l 'équivalent de 220 millions de tonnes », introduit Guillaume Mizon, président fondateur de Terre Utile. C'est la raison pour laquelle celui-ci avait choisi de créer, en 2020, une jeune pousse spécialisée dans la production et la vente de terre végétale recyclée à partir de terres de chantiers.
Et ce, alors que le marché de la terre végétale demeurait encore peu structuré : « Nous sommes dans un monde où il existe de plus en plus de végétalisation en ville, avec des besoins en terre dite végétale qui représentent en réalité les 30 premiers centimètres d'un sol naturel ».
Mais alors que les principaux acteurs du BTP se résolvaient jusqu'ici à réaliser leurs travaux, puis à stocker les terres excavées pour les réutiliser plus tard sur d'autres projets d'aménagements, Guillaume Mizon met en avant un double enjeu de stockage et de transport, pouvant rapidement faire grimper les coûts à la fois écologiques et économiques des projets. Sans oublier la composition des terres, qui n'est pas toujours adaptée aux sols qui la reçoivent. « D'autant plus qu'avec la loi ZAN, qui prévoit de réduire la consommation de terres naturelles, cet approvisionnement va avoir tendance à se raréfier ».
Transformer un déchet en ressource
En développant un modèle où il s'associe avec des plateformes de stockage locales, réparties autour des métropoles, le pionnier francilien Terre Utile mise sur son procédé d'analyse agronomique et chimique, développé en partenariat avec le bureau d'études Microhumus, lui permettant ensuite de bâtir, sur site, ses propres mélanges adaptés aux besoins des sols.
« Très souvent, on met de la terre excavée en décharge alors qu'elle reste de qualité, même si elle manque parfois de quelques éléments (compost, activateurs microbiens, engrais...) pour qu'elle devienne vivante », ajoute Guillaume Mizon, qui estime que le marché de la terre recyclée atteindrait, en France, les 4 millions de m3 par année.