« Nous risquons d'entrer dans la phase 2 de la désindustrialisation »
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Benoît Coquart, directeur général de Legrand, a été nommé à la tête de la FIEEC.
bbouilot / Legrand
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Benoît Coquart, directeur général de Legrand, a été nommé à la tête de la FIEEC.
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La Tribune - Plusieurs indicateurs attestent d'une certaine montée en puissance de l'industrie chinoise et de ses exportations vers l'Europe. La Fédération des industries électriques, électroniques et de communication dont vous êtes le nouveau président partage-t-elle cette lecture ?
Sur 250 milliards d'euros de chiffre d'affaires, la FIEEC pèse pour 80 milliards d'euros de chiffre d'affaires industriel. Nous représentons 10 % des produits exportés depuis la France, donc nous savons être compétitifs sur des marchés étrangers. Pour ce qui est de la Chine, nous constatons aussi ce phénomène avec une croissance à deux chiffres pour certains produits chinois, notamment dans le BtoC.
Néanmoins, cela reste intéressant de continuer à produire en France et en Europe, particulièrement pour des biens à forte valeur ajoutée. La moitié du chiffre d'affaires industriel de notre fédération se fait à l'export. Nous sommes capables de rivaliser, nous sommes parmi les trois filières françaises d'excellence.
La Commission européenne vient d'instaurer le MACF, une sorte de taxe carbone aux frontières sur les exportations étrangères entrantes sur le continent européen. N'est-ce pas suffisant ?
Non. Au sein de la FIEEC, nous militons avant tout pour l'instauration de conditions de marché à armes égales pour tous. En Europe, nous avons l'art de nous mettre des bâtons dans les roues. Le MACF est une réglementation mal née. En tant qu'industriel, vous allez importer des matières premières, qui seront taxées en entrant en Europe, pour fabriquer vos produits finaux. Or, si vous faites fabriquer le même produit en Asie, pour par la suite le vendre en Europe, dans ce cas il ne sera pas impacté par le MACF. Au final, cette mesure pénalise les industriels qui font le choix de produire en Europe.
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En Europe, nous sommes parfois candides sur tous les sujets liés à la surveillance des marchés. Il faut adopter une démarche bien plus offensive.
En tant que nouveau président de la FIEEC, pour un mandat de trois ans, quelles seront vos priorités ?