Le CEREMA, qui vient de publier son nouvel inventaire national des friches, met en lumière une richesse inexploitée en la matière. La moitié des surfaces identifiées pourrait accueillir une activité industrielle.C'est un problème de riche diront certains ! Dans son rapport dévoilé lundi 22 septembre, le Conseil des prélèvements obligatoires appelle, au-delà de la suppression de la taxe C3S, à une certaine disponibilité du foncier pour donner un nouvel élan à la réindustrialisation. « En France, nous ne manquons pas de foncier pour accueillir des usines. C'est un faux problème, le vrai enjeu est son accessibilité dans des délais assez courts », confiait il y a peu un élu local de premier plan.
Et à en croire le dernier inventaire national des friches du Cerema, l'Hexagone a effectivement le potentiel foncier pour accélérer sa réindustrialisation. La structure publique, qui s'appuie notamment sur des observatoires locaux de l'urbanisme pour mener à bien cette étude, a recensé, au 1er avril, pas moins de 15.000 friches en France et 13.000 terrains supplémentaires pas encore identifiés comme tels mais qui présentent un potentiel de 60.000 hectares.
Selon cet inventaire, dévoilé ces dernières heures, la France dispose de 80.000 à 140.000 hectares en friches et la moitié de ces surfaces serait issue d'anciennes activités industrielles. Or, à en croire le rapport du préfet Rollon Mouchel-Blaisot (de juillet 2023), dédié à la mobilisation du foncier pour l'industrie, la France a besoin de « seulement » 22.000 hectares pour son industrie d'ici 2030.
La moitié des friches pour l'industrie ?
D'après ses travaux, 3 500 hectares devraient être trouvés par la densification d'usines existantes, 8 500 par de l'artificialisation et pas moins de 10 000 par le recyclage de friches. En ce sens, l'État a mis sur pied une liste de plusieurs dizaines de sites industriels « clés en main » à destination des porteurs de projets, notamment étrangers. Mais leur maturité est parfois critiquable, avec des procédures administratives ou certains raccordements basiques non réalisés.