De son ancienne vie, il ne reste rien, ou presque. Dans le paysage, seule l'ancienne cheminée haute de 60 mètres est toujours debout. « Celle-ci accueille un nichoir pour un faucon présent dans la zone », précise, pas peu fier, Nicolas Pfister, directeur général adjoint de Brownfields. Ce fonds d'investissement français a racheté pour un euro symbolique, en 2015, pas moins de 400 hectares de l'ancienne raffinerie du groupe Shell sur la commune de Reichstett, à quelques kilomètres de Strasbourg.
« Sur le papier, cela peut sembler une bonne affaire, mais cette friche industrielle était très polluée et donc le prix de la dépollution a été très conséquent. Nous y avons évacué l'équivalent de cinq tours Eiffel de ferraille, 900 kilomètres de tubes amiantés et nous avons excavé la terre jusqu'à la nappe phréatique », liste le dirigeant, expert en dépollution.
La raffinerie du groupe Shell non loin de Strasbourg a stoppé ses activités en 2013 (Crédit : Brownfields).
Éloignée des zones urbaines et entourée de terres agricoles, cette ancienne raffinerie a laissé place à des locaux d'activités à perte de vue, avec plus de 1 300 emplois à la clé contre 250 auparavant avec la raffinerie. La marque Puma y a notamment installé une importante base logistique, de nombreuses PME industrielles et du second œuvre y ont pris leurs marques, tout comme des vendeurs de meubles et de piscines, ou encore une société de maintenance.