EXCLUSIF. La Commission européenne a présenté ce mercredi aux acteurs de la sidérurgie européenne la nouvelle clause de sauvegarde pour protéger le marché européen de l’acier.« Enfin ! », ont-ils dû penser. Lors d’une réunion informelle avec les représentants de la filière européenne de l’acier, Stéphane Séjourné a présenté les contours de la future clause de sauvegarde qui doit protéger le marché européen dès le début de l’été 2026. Surtout, le Commissaire européen, chargé de la Prospérité et de la Stratégie industrielle, a partagé un calendrier.
Selon les informations récoltées par La Tribune, le texte doit faire l’objet d’une présentation mardi 7 octobre, devant le Parlement européen, à Strasbourg. Le temps presse pour la ratification de ces nouvelles directives européennes car la clause de sauvegarde actuelle, qui limite les importations d’acier chinois en Europe, disparaîtra à la fin du mois de juin 2026. Toujours selon nos informations, cette nouvelle clause de sauvegarde ne sera pas temporaire, contrairement au dispositif actuel.
« L’Europe est obligée de se protéger. Je suis exaspéré par sa lenteur de décision. Il n’y aura pas de salut de l’Europe face à la Chine sans une décision rapide en ce sens. La filière a réellement besoin de cette clause de sauvegarde, c’est tellement critique », confiait quelques jours plus tôt un dirigeant européen de la sidérurgie.
Des droits de douane revus à la hausse
Pour mémoire, ce mécanisme, instauré en 2019 et prolongé en 2024, permet de contenir quelque peu les importations chinoises d’acier à bas coût sur le continent européen. Actuellement, les importations sont limitées à 15 % de la demande européenne avec comme point de base son niveau de 2016. Or, au regard de la baisse de la demande observée depuis sur le marché de l’acier européen, les quotas d’importations autorisées du moment sont équivalents à 30 % de la demande européenne actuelle selon des connaisseurs du dossier.
« Les quotas actuels sont trop élevés au regard de la demande. La Commission européenne souhaite les sabrer de moitié. Cela serait bien mais à voir désormais les détails techniques de cette mesure », fait savoir un participant à la réunion qui s’est tenue ce mercredi autour de Stéphane Séjourné.