Le ministre de l'Industrie est au Danemark, notamment pour réunir la nouvelle alliance européenne pour la défense des industries lourdes. Ce déplacement sera ainsi l'occasion pour la France de faire un point sur ses soutiens dans les enjeux de la désindustrialisation continentale.Ce sera une première. À l'occasion d'un conseil européen de compétitivité informel au Danemark, l'alliance européenne pour la défense des industries lourdes se réunira pour la première fois en physique ce vendredi matin, à l'occasion d'un petit déjeuner avec les ministres de l'Industrie et de l'Économie intéressés par la démarche. « Qui attendre à cette réunion ? Ça sera la surprise du chef », ironise le cabinet de Marc Ferracci, à l'initiative de cette alliance à l'occasion d'un mini-sommet européen sur l'acier à Paris fin février. Cette réunion doit déboucher sur la publication d'une déclaration commune avec les pays signataires.
Sauf surprise, les locomotives industrielles européennes du moment que sont l'Espagne et l'Italie devraient être de la partie, mais aussi la Hongrie, la Belgique, les Pays-Bas ou encore la Slovaquie sont espérées. « Nous voulons maintenir la pression sur la commission européenne sur le sujet d'une défense commerciale européenne agile et réactive », précise l'entourage du ministre de l'Industrie et de l'Énergie. « Le texte donnera de manière précise ce que nous attendons pour la protection de nos industries », ajoute un conseiller.
« L'Europe sait agir vite quand elle le veut »
Au-delà de la modification du MACF (ou CBAM en anglais - le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières) avec le souhait d'y inclure les produits de la filière avale et pas seulement amont, la France et ses partenaires attendent surtout la future clause de sauvegarde pour protéger le marché européen de l'acier. « Nous l'espérons dans les jours à venir, c'est peut-être même la plus attendue », ajoute l'entourage du ministre.
Pour mémoire, ce dispositif permet de restreindre l'entrée sur le marché européen d'importations d'acier étranger, sous peine de pénalités financières sous forme de taxes, très élevées. Une obligation au regard d'une récente étude de l'OCDE qui constate que les surcapacités de production mondiales dans la sidérurgie ne faibliront avant 2027 au mieux voire 2028. Dans ce contexte, la France, et d'autres pays européens touchés par la désindustrialisation perdent patience face à la lenteur de la Commission européenne pour traduire législativement son plan d'urgence pour l'acier présenté courant mars...