OPINION. « Budget 2026 : taxer plus, produire moins, le risque d’un décrochage national »
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Matthieu Boeche et Pierre Gattaz
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Matthieu Boeche et Pierre Gattaz
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Par Matthieu Boeche, fondateur de 300 pour La France et Pierre Gattaz, président d'Institut des Solutions (*)
Le projet de loi de finances 2026 repose sur un réflexe devenu pavlovien : augmenter la pression fiscale plutôt que libérer l’initiative. L’État prévoit +2,5 % de recettes supplémentaires, quand les économies promises restent floues et différées. Le gel du barème de l’impôt sur le revenu, couplé à la CSG non revalorisée, ferait entrer près de 200 000 ménages supplémentaires dans l’impôt.
Cette stratégie peut sembler indolore sur le papier. Elle l’est beaucoup moins dans nos usines, nos ateliers, nos commerces, où les faillites se multiplient : 66 937 en douze mois selon la Banque de France, dont 14 371 sur le seul troisième trimestre (+5,2 % sur un an). Chaque faillite, c’est un rêve brisé, un outil productif perdu, des salariés fragilisés, des territoires appauvris.
Dans ce contexte, l’investissement privé ralentit, la consommation se fait hésitante et le chômage guette à nouveau, il frappera d’abord les jeunes, les seniors et les moins qualifiés. Ce n’est pas un pays épuisé : c’est un pays entravé. Quand le risque d’entreprendre et le travail ne sont pas récompensés, la spirale dépressive s’installe.
La France ne manque ni de talents ni d’idées. Elle manque d’un véritable cap fondé sur la valorisation de l’initiative et de l’innovation, plutôt que sur la gestion d’un immobilisme latent.
La règle prend le pas sur l’élan, la prudence sur l’ambition. L’État contrôle, taxe, encadre, mais écoute peu. Ceux qui parlent ne font plus, ceux qui font ne sont plus écoutés. Ce décalage nourrit une lassitude profonde : celle d’un pays où l’on débat beaucoup, mais où l’on décide peu. Où la réussite suscite la méfiance, et l’effort, la suspicion.
Retisser le lien entre la décision publique et le réel, voilà le défi. C’est la condition d’un contrat de confiance durable entre ceux qui dirigent et ceux qui entreprennent.
Le redressement ne viendra pas d’un énième plan de soutien, mais d’un réarmement de la liberté d’agir.
Il suppose de libérer l’entrepreneuriat, en baissant durablement la fiscalité sur l’investissement et le risque, et en formant partout, tout au long de la vie, pour accompagner la révolution du travail plutôt que de la subir. Il impose de concentrer nos moyens sur l’économie productive, de recentrer l’État sur ses missions essentielles, protéger, éduquer, soigner, et de faire enfin confiance aux territoires, là où naissent les innovations concrètes.
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Il appelle aussi à transformer les transitions écologique et numérique non en contraintes défensives, mais en opportunités de souveraineté et de croissance. Ce ne sont pas les ressources qui manquent, mais la permission de penser grand.
La France du faire ne demande ni privilèges ni plaintes. Elle demande le droit d’avancer sans être entravée à chaque pas. Elle n’est pas une minorité : elle est le socle de notre cohésion sociale et de notre souveraineté. Ce n’est pas la France qui décroche : c’est la parole du réel qu’on a éteinte.
Il est temps de la rallumer, avant que la défiance ne vienne achever ce que l’impôt a commencé.
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(*) Matthieu Boeche est un entrepreneur français et fondateur du mouvement 300 pour la France. 300 pour la France fédère dirigeants, salariés, artisans, investisseurs, chercheurs et créateurs autour d’une ambition claire : redonner à la France les moyens de redevenir une grande nation économique, où il est réellement possible d’entreprendre et de réussir. Fort de son expérience de chef d’entreprise, il porte une vision constructive et positive de la France du faire, celle qui entreprend, produit et agit pour la prospérité du pays. Pierre Gattaz est un industriel et entrepreneur français, il préside Radiall depuis 1993, qu’il a hissée au rang d'un des leaders mondiaux de l’interconnexion. Ancien président du MEDEF et de Business Europe, il défend une économie de croissance, de confiance et d’audace. Fondateur de l’association Y Croire & Agir, de l’Institut des Solutions et du Château de Sannes, il œuvre pour l’emploi, l'entreprenariat pour tous, la formation et le rayonnement de la France.
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