OPINION. « Une entreprise performante et durable doit soutenir le parcours parental de ses salariés »
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Par Bruno Salle, Thierry Hulot et Christian Schmidt de la Brelie (*)
Depuis 2023, la dynamique démographique en France a pris un tournant préoccupant. Le taux de fécondité est en baisse, et cette tendance s’accompagne d’une diminution du désir d’enfant, notamment chez les jeunes, comme le révèle une étude récente de l’INED1. Ce phénomène, alimenté par un contexte économique incertain, une élévation du niveau d’éducation et des préoccupations environnementales, soulève des questions critiques pour notre société. Bien que la population continue d’augmenter grâce à un solde naturel positif, la stabilité socio-économique comme la viabilité de notre système de protection sociale et de retraite par répartition sont en jeu.
S’il n’appartient pas au monde de l’entreprise de tenir un discours nataliste, l’entreprise a néanmoins intérêt à soutenir le parcours parental de ses salariés. Une récente étude OpinionWay2 qui analyse l’impact de la parentalité sur la santé mentale des travailleurs, souligne aujourd’hui « un enjeu largement sous-estimé qui fragilise les carrières et accélère la fuite des talents ». Pour les auteurs de ce sondage, la parentalité en entreprise reste un angle mort des politiques RH, alors que près de 90 % des salariés exercent des responsabilités familiales. Un parent salarié sur trois déclare que sa carrière a été affectée par l’arrivée d’un enfant. La conséquence est sans appel, la moitié des jeunes parents envisagent de quitter leur poste pour rejoindre une structure plus attentive à leurs besoins familiaux.
Dans un environnement de travail en constante évolution, où la qualité de vie des salariés est devenue un enjeu majeur pour les entreprises désireuses d’atteindre des performances durables, faciliter la parentalité de leurs collaborateurs — depuis le projet d’accueil d’un enfant jusqu’à son émancipation — est désormais un facteur différenciant, qui contribue non seulement à la pérennité des activités, mais aussi à l’attraction et à la rétention des jeunes talents.
Au-delà des dispositifs RH mis en place depuis une dizaine d’années, tels que les crèches d’entreprise, le congé prénatal, la flexibilité du travail et le soutien financier, il est crucial d’élargir l’approche des entreprises en matière de soutien à la parentalité. Pour ce faire, elles doivent considérer l’ensemble du parcours parental, y compris la période prénatale, en cultivant un climat bienveillant et inclusif. Cela inclut une attention particulière aux parcours d’assistance médicale à la procréation (AMP) et aux problématiques d’infertilité, qui touchent un couple sur quatre. Chaque employé doit pouvoir compter sur son employeur pour alléger sa charge mentale et favoriser une culture d’entreprise plus inclusive envers les futurs parents.
Elles doivent ensuite s’engager activement dans le soutien à la recherche sur l’infertilité et la procréation médicalement assistée, en finançant des études scientifiques, en nouant des partenariats avec des instituts spécialisés et en intégrant des politiques de sensibilisation et d’accompagnement au sein de leur structure. L’initiative conjointe de KLESIA et de Merck, à travers la création du fonds « Bien-être & Parentalité », qui vise à soutenir et promouvoir des initiatives visant à concilier vie professionnelle, projet d’être parents et vie parentale, incarne cette vision d’une entreprise engagée, capable de tisser des liens solides entre performance économique, progrès scientifique et responsabilité sociale.
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Ainsi, en cultivant un environnement de travail favorable à la parentalité, les entreprises ne se contentent pas d’agir pour le confort de leurs collaborateurs : elles deviennent des actrices de la transformation sociale. En soutenant les parcours de vie, en investissant dans la recherche et en valorisant l’équilibre entre sphère personnelle et professionnelle, elles contribuent à une dynamique collective plus inclusive, plus innovante et plus résiliente.
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(1) Milan Bouchet-Valet, Laurent Toulemon (2025). Les Français.es veulent moins d’enfants, Population & Sociétés, n° 635. https://doi.org/10.3917/popsoc.635.0001
(2) OpinionWay, Les Parents Zens, & teale. (2025, avril). Baromètre Parentalité & Santé Mentale au travail. OpinionWay. https://www.opinion-way.com/fr/publications/barometre-parentalite-sante-mentale-2025- 2025-20520/
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(*) Signataires
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