OPINION. « Danger sur l’économie américaine »
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Marc Guyot et Radu Vranceanu
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Marc Guyot et Radu Vranceanu
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Par Marc Guyot et Radu Vranceanu, Professeurs à l’ESSEC
La stratégie de Trump d’une guerre rapide avec une issue « à la vénézuélienne » a été clairement mise en défaut par la stratégie iranienne. Bombarder les pays du Golfe et menacer explicitement leurs installations pétrolières et fermer le détroit d’Ormuz, augmentent considérablement les conséquences économiques de la guerre pour les États-Unis. Les Iraniens mettent ainsi la pression sur Donald Trump dans la perspective des élections de mi-mandat.
La hausse des prix du pétrole au-dessus de 100 USD pendant quelques jours a coïncidé avec la publication de chiffres moins bons pour l’économie américaine en termes de chômage et de consommation des ménages. Selon les chiffres du BLS, l’économie américaine aurait perdu 92 000 emplois nets, contre la création nette de 126 000 emplois en janvier, poussant le chômage de 4,4 % à 4,5 %. Selon les chiffres du Census Bureau, les ventes de détail de janvier auraient reculé de -0,2 % par rapport à décembre, même si une partie de cette baisse peut être attribuée aux conditions climatiques extrêmes du mois de janvier 2026. Ces deux mauvais chiffres apparaissent au mauvais moment et accentuent la pression sur Donald Trump et la nécessité de sortir rapidement du conflit. Ils ne sont que faiblement contrebalancés par le bon chiffre de la stabilité des prix. En effet selon l’indice des prix à la consommation de février l’inflation annuelle est restée à 2,4% sans changement par rapport à janvier. Il est clair que la hausse du prix de l’essence n’est pas encore reflétée dans l’indice. De son côté le chiffre de l’indice de production industriel est certes positif pour le 4ème mois d’affilé mais à un niveau faible avec une hausse annuelle de +1,3% de la production Manufacturière.
Si le conflit dure, on peut anticiper un affaiblissement de la demande globale américaine, sur toutes ses composantes privées – investissement, consommation, exportations nettes. Face à une incertitude accrue, les entreprises – hors secteur de la défense et de l’énergie – devraient mettre en attente leurs projets d’investissement. Côté consommateurs, la hausse du prix de l’essence, même contenue par la position exportatrice des États-Unis, devrait diminuer leur pouvoir d’achat. De même, le marché des actions américain tend à réagir de manière négative à cette guerre. On peut donc anticiper un effet de richesse négatif, à même de limiter la consommation. Côté exportations nettes, sans surprise, face à l’incertitude le dollar s’est apprécié, ce qui pourrait pénaliser la compétitivité des produits américains à l’export et renchérir les importations.
L’effet de court terme de la guerre sur l’inflation est donc ambigu. Un ralentissement de l’activité économique ainsi que l’appréciation du dollar, devraient agir négativement sur l’inflation, via les mécanismes traditionnels. La hausse du prix de l’énergie aux États-Unis devrait avoir un effet opposé dont l’ampleur dépend de la boucle prix-salaires. Avec un chômage en légère hausse, la dynamique prix-salaires pourrait être atténuée.
Si l’économie américaine ralentit, la marge d’action du gouvernement est limitée, vu la taille importante du déficit public et le risque de voir les revenus générés par les tarifs douaniers disparaître au terme des 120 jours de grâce durant lesquels Donald Trump a appliqué une autre loi d’exception pour les maintenir en vigueur après la décision de la Cour suprême d’interdire la plupart d’entre eux. On pourrait envisager un léger accroissement des dépenses publiques liées à la guerre, mais il resterait probablement limité.
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Cette semaine, la Fed doit prendre une nouvelle décision de politique monétaire. Réagir dans la panique à un petit choc d’offre pour lutter contre une inflation sans doute transitoire ne semble pas être une bonne idée. Réduire les taux pour soutenir l’investissement, le marché des titres et, finalement, la consommation peut être une option si la Fed estime que le ralentissement est plus fort qu’anticipé. Peut-être que la meilleure solution serait d’attendre des données moins contrastées et, peut-être, la fin de la guerre avant de prendre une décision.
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