OPINION. « La mobilité électrique pour tous passe aussi par l’autopartage »
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Bruno Flinois
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Par Bruno Flinois, Président de l’Association des Acteurs de l’Autopartage (*)
« Attention, il n’y en aura pas pour tout le monde ! ». Les alertes ont été lancées dès que la date a été connue. Alors que le dispositif public de leasing social a ouvert le 30 septembre 2025, se pose la question de savoir qui réussira à obtenir un véhicule aux conditions très avantageuses proposées par l’État. Et qu’adviendra-t-il de ceux dont le revenu fiscal de référence atteint 20000 euros et qui habitent à moins de 10 km de leur lieu de travail ? Ils ne font pas pour autant partie des catégories sociales favorisées...
Si ce dispositif public apporte une solution d’accès à la mobilité électrique aux ménages modestes qui en sont écartés pour des raisons budgétaires, il est loin d’être le seul. En raison de son coût élevé dans un contexte où les appels à resserrer les dépenses publiques se multiplient, il n’adresse qu’une petite partie des populations cibles.
D’autres options permettraient de compléter le dispositif, en pensant la mobilité à différentes échelles et au travers d’autres usages. L’autopartage, entendu comme la mise à disposition d'un véhicule mutualisé auprès d'une communauté d’utilisateurs, proposés par la ville ou des acteurs privés, pour des trajets de courte durée vers la destination de leur choix (qui complète le covoiturage), plusieurs faits démontrent leur contribution à la mobilité inclusive.
L’autopartage de véhicules électriques donne accès à la mobilité décarbonée à ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter ce type de véhicule à titre individuel. Il évite également à certains citoyens déjà équipés d’un véhicule de devoir en acquérir un nouveau.
De plus, 80% des usagers de services d’autopartage en boucle interrogés par l’ADEME en 2022 pour son enquête nationale Autopartage, expliquaient qu’utiliser un véhicule partagé leur revenait moins cher que de posséder leur propre véhicule. Ils n’ont pas d’assurance et d’entretien à payer par exemple. La voiture devient un service et ne représente plus une charge fixe. Les coûts de la voiture sont partagés. Chacun paie selon ses besoins réels de mobilité. De façon générale, dès qu’on n’a pas besoin d’une voiture au quotidien, l’autopartage s’impose comme une solution plus économique que l’achat d’une voiture individuelle.
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Utiliser des services d’autopartage présente également des atouts d’un point de vue transition écologique et mobilités durables. D’une part, parce que les citoyens utilisent des voitures plus récentes et plus électrifiées. D’autre part, parce que chaque voiture en autopartage en boucle remplace 5 à 8 voitures individuelles, libère jusqu’à 3 places de stationnement et supprime jusqu’à 19 000 kms par an parcourus en voiture individuelle.
Sans compter que, toujours selon l’enquête nationale Autopartage menée en 2022 par l’Ademe, les usagers des services d’autopartage ont davantage recours aux transports publics (+18%), au vélo (+22%) et à la marche (+38%).
Le principal frein, c’est qu’en 2025 en France, de trop nombreux citoyens n’ont pas de service d’autopartage à proximité de chez eux. Et lorsque ce service existe, trop peu connaissent son existence. Dans une étude IFOP pour île-de-France Mobilités en 2024, seuls 23% d’un panel de Franciliens en possession du permis B ont su reconnaître la bonne définition de l’autopartage, quand 36% le confondaient avec le covoiturage.
Alors, pour tous ceux qui n’auraient pas la chance de profiter du leasing social, et pour compléter celui-ci, regardons comment installer une voiture en autopartage devant chaque maison France Services, hôtel de ville ou gare. Pour faciliter l’usage, voyons comment proposer un accès unifié à toutes les offres d’autopartage disponibles en France. Quand on sait que l’autopartage de 70 000 véhicules d’ici 2030 devrait économiser 1 méga tonne de CO2 par rapport à 2023, on se dit que ça vaut le coup, socialement et écologiquement.
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(*) Diplômé de l’ESC (1992), Bruno Flinois est un serial entrepreneur, pionnier des technologies à impact. En 1993, il a créé une web agency, Nota Multimedia, qui a été revendue au Groupe Sylis. En 2002, il a développé Terre d’Enfants, une marque de produits écologiques distribués à l’international. En 2010, Bruno Flinois a fondé Clem’, une start-up spécialisée dans mobilité électrique : autopartage, recharge et énergie inclusive, dont il est actuellement le CEO. Il a également été nommé, en 2025, Président de l’Association des Acteurs de l’Autopartage (AAA).
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