OPINION. « Créons une Académie francophone à Kinshasa ! »
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Aurélien Taché et Pierre Masquart
DR
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Aurélien Taché et Pierre Masquart
DR
Par Aurélien Taché, député, coauteur du rapport sur l’avenir de la francophonie (juin 2025) et Pierre Masquart, associé de Kimia Avocats Aarpi, coprésident de l’association Les Rendez-Vous d’Afrique(s)
Mais paradoxalement, ce n’est pas là que se décide son avenir. Depuis des décennies, la francophonie multiplie les sommets, les déclarations et les grands discours. On y célèbre la « diversité culturelle », les « valeurs partagées », les « jeunesses francophones ». Mais, aussitôt les sommets terminés, chacun rentre chez soi, les mêmes organisations restent aux mêmes endroits, dirigées par les mêmes cercles et pouvoirs. On parle de « langue partagée » mais on garde jalousement le centre de gravité à Paris ou Montréal.
Pourtant aujourd’hui Kinshasa s’impose, plus que tout autre capitale, pour accueillir une Académie francophone, d’abord parce qu’elle est désormais la plus grande ville francophone du monde et le cœur démographique de cet espace géolinguistique. La République Démocratique du Congo a fait du français une langue officielle dans l’école, l’administration et la vie publique, là où d’autres pays - à qui on a d’ailleurs étonnamment confié jusqu’à aujourd’hui la direction de certaines organisations francophones - ont clairement basculé vers l’anglais !
Installer une Académie francophone à Kinshasa, c’est la créer là où la francophonie est une réalité, et non dans un pays où le français est d’abord un enjeu diplomatique. La création d’une Académie francophone à Kinshasa n’est pas une provocation. C’est la simple conséquence d’un constat que tout le monde fait mais que personne n’assume jusqu’au bout, à savoir que le français est désormais majoritairement une langue africaine ! Alors que 62% des francophones résident en Afrique, qui peut encore sérieusement soutenir que l’on peut et doit gouverner cette langue depuis la France.