Un an bien tassé que nous courions après Mouloud Achour pour lui tirer le portrait. Il aura fallu attendre le lancement, mardi 27 janvier sur Canal+, de sa nouvelle émission pour que notre homme accepte enfin cette rencontre. Non sans appréhension.
« Je parle très peu à la presse car je me suis senti incompris lorsqu’on a lancé Clique il y a une dizaine d’années, confesse-t-il lorsqu’il nous accueille dans son bureau rempli de figurines de personnages de dessin animé. On est peut-être davantage audible aujourd’hui lorsqu’on explique que tous les écrans se valent. Avant, les gens zappaient, aujourd’hui, ils cliquent. Par ailleurs, je ne suis pas la star du programme. C’est l’invité. Apprendre à s’effacer, c’est essentiel pour mener des entretiens au long cours. Et puis on s’est également rendu compte qu’on n’avait pas forcément besoin des journalistes pour exister. » Un euphémisme.
Si son émission culturelle a été lancée en 2013 sur l’antenne de Canal+ dans une relative indifférence, elle n’a depuis cessé d’affoler les compteurs sur YouTube et les réseaux sociaux. Au point de devenir l’une des marques médias préférées de la génération Z.
Récap express : une communauté de 8 millions d’abonnés, une chaîne YouTube totalisant près de 850 millions de « clics » et le cap des 2,5 milliards de vidéos visionnées franchi l’an passé, toutes plateformes confondues. N’en jetez plus. « Je suis milliardaire en vues mais pas en euros », tempère Mouloud Achour. Car si le présentateur de 45 ans est le producteur du format, les revenus publicitaires générés par ses vidéos sont intégralement empochés par la régie de Canal+ : « C’est le prix de la confiance. Ils nous ont laissés tester des choses, c’est ce qui a permis à Clique de devenir un média aussi puissant que Brut ou Konbini en matière d’impact. Il y a dix ans, Maxime Saada [président du directoire de Canal+] prédisait que la télévision se consommerait à l’avenir non plus en linéaire mais sur les écrans nomades, il ne s’est pas planté. »