Festival de Cannes : la palme d’un monde fracturé
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Le réalisateur Cristian Mungiu célèbre sa palme d'or sur scène.
LTD / Antonin THUILLIER / AFP
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Le réalisateur Cristian Mungiu célèbre sa palme d'or sur scène.
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La récompense suprême du Festival de Cannes a été décernée ce samedi 23 mai par le jury du président coréen Park Chan-wook au cinéaste roumain Cristian Mungiu, déjà Palme d’or en 2007 pour 4 Mois, 3 semaines, 2 jours. Avec Fjord, il poursuit son auscultation au scalpel de la société à travers l’arrivée en Norvège des Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très religieux qui se voit retirer la garde de ses cinq enfants à la suite d’une suspicion de mauvais traitements. Le cinéaste dissèque le déploiement des préjugés, la radicalisation, l’instrumentalisation politique, la xénophobie, pour mieux pulvériser l’illusion d’une intégration réussie.
Après douze jours d’un Festival agité par la publication d’une tribune « anti-Bolloré » qui dénonçait « l’emprise de l’extrême droite » sur le cinéma de l’actionnaire de référence Canal+, le jury a donc rendu un palmarès à l’image des films sélectionnés cette année : ancré dans l’époque passée et présente, « chargés du bruit du monde, de la guerre et de l’intime », selon les mots de la maîtresse de cérémonie, Eye Haïdara.
Ainsi, deux prix d’interprétation masculine ex æquo ont été remis aux acteurs Emmanuel Macchia et Valentin Campagne pour leurs rôles dans le touchant Coward du réalisateur belge Lukas Dhont, une histoire d’amour entre deux jeunes soldats, entre l’horreur des champs de bataille de la Première Guerre mondiale et les coulisses des spectacles joués pour maintenir le moral des troupes.