Canal + ne veut plus travailler avec les signataires de la tribune anti-Bolloré
latribune.fr
Premier financeur du cinéma hexagonal, Canal + propriété du groupe Bolloré, reste un acteur central du secteur malgré une baisse récente de ses engagements financiers.
Le président du directoire de Canal + Maxime Saada, a annoncé dimanche à Cannes que le groupe ne souhaitait plus collaborer avec les professionnels du cinéma ayant signé une tribune dénonçant l’influence de Vincent Bolloré dans le secteur culturel.
La polémique monte d’un cran au Festival de Cannes. Lors d’une prise de parole organisée en marge du festival, le patron de Canal + Maxime Saada, a affirmé dimanche qu’il ne souhaitait plus que le groupe travaille avec les signataires d’une tribune publiée cette semaine dans Libération contre l’influence de Vincent Bolloré dans le cinéma français. « Je ne souhaite plus que Canal travaille avec les gens qui ont signé cette pétition », a déclaré le dirigeant lors du traditionnel « brunch des producteurs » organisé par la chaîne.
Une tribune dénonçant « l’emprise grandissante de l’extrême droite »
Publiée à l’ouverture du 79e Festival de Cannes, la tribune était notamment signée par Juliette Binoche et Swann Arlaud. Les auteurs appellent à « zapper Vincent Bolloré » y dénoncent « l’emprise grandissante de l’extrême droite » sur le cinéma français, principal actionnaire du groupe Canal + « En laissant le cinéma français aux mains d’un patron d’extrême droite, nous ne risquons pas seulement une uniformisation des films, mais une prise de contrôle fasciste sur l’imaginaire collectif », écrivaient les signataires.
La pétition rassemble des réalisateurs, producteurs, techniciens, exploitants de salles et comédiens.
Maxime Saada évoque une « injustice »
Le patron de Canal + a vivement réagi à cette prise de position, estimant que cette tribune revenait à qualifier les équipes de la chaîne de « crypto-fascistes ». « Moi, je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui me traitent de crypto-fasciste », a-t-il lancé.
Maxime Saada a également défendu l’indépendance éditoriale de Canal + et le rôle historique du groupe dans le financement du cinéma français.
Premier financeur du cinéma hexagonal, Canal + reste un acteur central du secteur malgré une baisse récente de ses engagements financiers. Le rôle de Canal + dans le cinéma français au cœur des tensions La tribune critique notamment la volonté du groupe Canal + de prendre le contrôle total du réseau de salles UGC, dont il a déjà acquis 34 % du capital en 2025.
Cette montée en puissance suscite des inquiétudes dans une partie du monde culturel, même si plusieurs professionnels interrogés à Cannes ces derniers jours disent ne pas constater de changement idéologique marqué dans les choix éditoriaux de Canal + Le débat intervient également dans un contexte de tensions plus larges sur le financement du cinéma français.
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En janvier 2025, Canal + s’est engagé à investir jusqu’à 170 millions d’euros par an dans le cinéma français jusqu’en 2027, contre 220 millions auparavant.