Il y a un moins d’un mois, alors qu’Américains et Iraniens venaient de s’accorder sur un mémorandum d’accord qui mettait fin à la guerre et ouvrait un nouveau cycle de pourparlers, un haut responsable régional nous faisait cette confidence acide : « Les négociations qui vont commencer ? Du vent ! Ils gagnent juste un peu de temps pour mieux s’entretuer derrière. » Il semble que Washington comme Téhéran n’aient même pas la patience d’attendre la fin des 60 jours de discussion – certes extensibles – pour reprendre les hostilités.
En milieu de semaine, les deux ennemis brisaient la trêve que Donald Trump a depuis déclarée caduque. Les Américains d’abord, en frappant le sol iranien pendant deux nuits consécutives, après avoir imputé à Téhéran la responsabilité d’attaques contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. La République islamique a répliqué ensuite en bombardant le Koweït, Bahreïn et le Qatar. Autre entorse au mémorandum : les sanctions contre le pétrole iranien levées le 17 juin ont été rétablies par les États-Unis.
En cette fin de semaine, les provocations ont pris une tournure plus personnelle. Vendredi 10 juillet, sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé que l’Iran ourdissait un plan pour l’éliminer. Un tel scénario, déjà avancé par des responsables israéliens cités par le New York Times et le Wall Street Journal, est-il vraiment crédible ? Le milliardaire a en tout cas affirmé que des ordres avaient « déjà été donnés », l’armée américaine étant « prête, disposée et capable, pendant une période d’un an, susceptible d’être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d’Iran ».