Selon le sondage d’intentions de vote Elabe pour « La Tribune Dimanche » et BFMTV, à 280 jours du premier tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen se place largement en tête dans tous les scénarios de second tour. Jean-Luc Mélenchon progresse également, tandis que la droite et le centre peinent à trouver une dynamique.
À 280 jours du premier tour de l’élection présidentielle, Marine LePen est la grande favorite. Selon le sondage réalisé par Elabe pour La Tribune Dimanche et BFMTV, elle l’emporterait au second tour dans tous les cas de figure, obtenant 67,5 % face à Jean-Luc Mélenchon, 54 % face à Gabriel Attal et 52 % face à Édouard Philippe. Lors de notre précédente enquête publiée le 30 mars dernier, le candidat Horizons dominait (avec 53 % des voix) la députée RN du Pas-de-Calais. « La bascule vient des électeurs de droite et des retraités », explique Bernard Sananès, le président d’Elabe.
Au premier tour, selon les hypothèses, Marine Le Pen, qui a décidé de se lancer elle-même dans la course mardi, récolterait entre 34 et 35,5 %. « Elle est en tête chez les retraités, dans les grandes agglomérations, fait jeu égal avec Édouard Philippe chez les actifs, relève Bernard Sananès. Tout ce qui constituait ses zones de faiblesse ne l’est plus. Le sentiment du déclin, l’affaire Lyhanna… tout a joué ces derniers mois en faveur duRN. »
Jean-Luc Mélenchon est l’autre candidat qui est en forme dans cette enquête. Le leader Insoumis obtient entre 14,5 % et 16 %, se qualifiant même parfois pour le second tour. Comme Marine Le Pen, il fixe son électorat. Il est en tête chez les 18-35 ans et les jeunes actifs. Il rassemble quatre électeurs sur dix du Nouveau Front populaire lors des législatives de 2024. « Il a un potentiel de progression », estime Bernard Sananès, alors que le reste de la gauche reste en difficulté. Raphaël Glucksmann est très largement distancé par Jean-Luc Mélenchon. Le candidat Place publique, en recul, n’a pas de dynamique. François Hollande est dans la même situation.
La droite et le centre en difficulté
Mais c’est pour la droite et le centre que ce sondage est le plus inquiétant. « Même à deux candidats issus de cet espace, le risque de l’élimination sera très élevé, assure Bernard Sananès, car le socle électoral macroniste est en plein effondrement. » Si Édouard Philippe reste le mieux placé, il n’a pas de dynamique. Selon les hypothèses, il obtient entre 14 et 19 %, rassemblant entre 50 et 63 % des électeurs Renaissance, MoDem et Horizons et un électeur LR sur quatre des législatives de 2024.
Face à Édouard Philippe, Gabriel Attal est vraiment challengé
Bernard Sananès
Si Gabriel Attal est, lui, moins bien placé que le maire du Havre, il n’est pas décroché. Quant à Bruno Retailleau, il est globalement stable. « Mais quand il est face à Édouard Philippe, il est vraiment challengé. Il ne récupère qu’un tiers des électeurs LR de2024 », commente Bernard Sananès.
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À noter : la présence ou non de Dominique de Villepin dans la compétition ne sera pas sans conséquence pour la droite et le centre. Même si l’ancien Premier ministre est en recul, il prive Édouard Philippe ou Gabriel Attal de points précieux, alors que la deuxième place pour se qualifier face à Marine Le Pen pourrait être très disputée.