Timothée Chalamet, un ambitieux en route vers les Oscars

L'acteur incarne Marty Mauser, jeune figure du ping-pongalors anonyme et méprisé.
LTD/Metropolitan films

L'acteur incarne Marty Mauser, jeune figure du ping-pongalors anonyme et méprisé.
LTD/Metropolitan films
Le 23 février 2025, Timothée Chalamet remportait le SAG Award pour sa performance en Bob Dylan dans Un parfait inconnu de James Mangold. Ses mots d’alors, vaniteux, avaient fait le tour du monde : « Je suis vraiment à la poursuite de l’excellence. Je sais que les gens ne parlent pas comme ça d’habitude. Mais je veux faire partie des grands. »
À peine un an plus tard, avec son nouveau film Marty Supreme, biopic très libre d’un champion américain de ping-pong des années 1950, Timothée Chalamet passe à l’acte. Il y incarne Marty Mauser, jeune figure de ce sport alors anonyme et méprisé. Menteur, voleur, manipulateur, amant et ami infidèle possédé par ses rêves de grandeur, il n’a qu’une idée en tête : financer son billet pour le Japon et y remporter le championnat du monde.
Pour ce jeune Juif new-yorkais aux aspirations moquées et à l’amoralité solaire, il faut se montrer, exister en pleine lumière et à une vitesse vertigineuse, car il a compris que réaliser son rêve signifie forcer violemment le destin. Et toute ressemblance entre le personnage et son interprète n’a ici rien de fortuit.
Depuis sa révélation dans Call Me by Your Name (2017), l’acteur franco-américain a brûlé les étapes. Dans la fresque de science-fiction Dune (2021), grand succès critique et commercial, il mène avec sérieux un casting prestigieux. Avec la comédie musicale et familiale Wonka (2023), premier rôle-titre d’envergure, il épate par son talent de chanteur et de danseur.
Nouveau succès, tout Hollywood respire : inquiétés jusque-là par l’absence de successeurs à la génération de Tom Cruise et Brad Pitt, les studios tiennent enfin leur nouveau champion. À son sujet, le réalisateur de Marty Supreme, Josh Safdie, qui avait déjà fait le coup en transfigurant le bouffon génial Adam Sandler en stupéfiant tragédien dans Uncut Gems (2019), nous explique : « J’ai rencontré en 2017 un gamin d’une intensité rare, un grand rêveur, avec une ambition démesurée et une idée de lui-même… “suprême”. Quand on a commencé à travailler ensemble, j’ai vu quelqu’un qui cherchait passionnément un espace pour s’exprimer. »
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Pour ce rôle, écrit sur mesure, Timothée Chalamet s’est entraîné au ping-pong pendant six ans. Un bourreau de travail, dont Josh Safdie souligne les multiples talents. « Au moment du tournage, il est devenu un danseur. C’est un danseur, je le savais pour l’avoir vu dans des vidéos datant de ses années de lycée, mais c’est aussi un athlète… »
Et d’ajouter, au sujet de la fusion entre Timothée Chalamet et Marty Mauser : « Mon travail de réalisateur, c’est d’analyser l’identité de l’acteur et de l’aligner avec celle du personnage. » À l’instar donc de Martin Scorsese, influence majeure de Josh Safdie, dans ses associations avec Robert De Niro puis Leonardo DiCaprio…
Métamorphosé en « Timmy Supreme », l’éphèbe discret de Call Me by Your Name devenu force brute de cinéma est aussi adepte d’un marketing agressif et assure le show, quitte à saturer l’espace médiatique. Déjà récompensé du Golden Globe 2026 du meilleur acteur dans une comédie, il sera le favori logique dans la catégorie meilleur acteur lors de la 98e cérémonie des Oscars – sa troisième nomination, record de précocité depuis Marlon Brando .
Il y défiera notamment le Brésilien Wagner Moura, prix d’interprétation masculine à Cannes pour L’Agent secret, et surtout l’icône Leonardo DiCaprio, à son meilleur dans Une bataille après l’autre. À seulement 30 ans, son rêve à portée de main, Timothée Chalamet signe une entrée fracassante dans la cour des très grands.
5⭐/5