« Le Gâteau du président », « The Mastermind », « Selon Joy »… Notre sélection de films à voir au cinéma cette semaine

Notre sélection de films à voir cette semaine du 1er février.
LTD/Tandem - Julien Panié - Mastermind Movie Inc

Notre sélection de films à voir cette semaine du 1er février.
LTD/Tandem - Julien Panié - Mastermind Movie Inc
Ce pourrait être une fable, un conte des Mille et Une Nuits, l’argument d’un film d’animation, mais non, le propos central du film de Hasan Hadi, Le Gâteau du président, n’est pas une fiction. L’invraisemblable histoire qu’il a racontée a bien eu lieu sous le régime dictatorial de Saddam Hussein, dans les années 1990, en Irak.
Comme l’a raconté le cinéaste en personne : « L’idée du film remonte à mes souvenirs d’enfance. Chaque année, notre instituteur entrait en classe avec un bol et nous demandait d’y déposer un morceau de papier avec notre nom dessus. Il en tirait ensuite un au sort : l’élève choisit devait préparer le gâteau d’anniversaire du président. D’autres élèves étaient ensuite désignés pour s’occuper des fruits, des décorations, des produits d’entretien, des fleurs… »
Certes, lui-même ne fut désigné que pour trouver des fleurs, mais, bien des années plus tard, pour son premier film, il a décidé de raconter cette histoire. Il invente alors le personnage de Lamia, une petite fille de 9 ans à qui incombe la lourde tâche de confectionner le gâteau présidentiel. Dans un pays sous embargo rongé par la corruption et terriblement appauvri, ce qui serait ailleurs un divertissement du mercredi après-midi prend les allures d’une quête impossible et d’un effrayant parcours du combattant. Aidé par son ami Saïd, la pâtissière malgré elle doit trouver les ingrédients, et c’est à chaque fois une montagne qu’il faut gravir.
Premier film irakien tourné en Irak et qui aborde cette sombre période historique, Le Gâteau du président constitue une prouesse, comme l’histoire qu’il raconte. Avec un budget limité, il a fallu recréer des décors d’époque. De même que s’est posée la question du casting composé de non-professionnels.
Un problème renforcé par les mentalités irakiennes : de l’aveu même du réalisateur, il a fallu rencontrer plusieurs centaines, voire des milliers de jeunes filles pour le rôle principal et vaincre de fortes réticences sociales. « Ce n’est pas encore bien accepté qu’une femme ou qu’une jeune fille joue dans un film, surtout dans les quartiers les plus modestes », déclare ainsi Hasan Hadi.
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Autrement dit, le film fut aussi difficile à réaliser que le gâteau du président lui-même. Comme si la réalité du tournage rejoignait la fiction du scénario. De toutes ces contraintes accumulées est né un film d’une très grande sensibilité. Le cinéaste y déploie une véritable maîtrise stylistique, notamment quand il filme de jour et de nuit ces marais mésopotamiens où demeure son héroïne, soit un étonnant village lacustre dont les habitants vivent encore aujourd’hui comme il y a des milliers d’années, où tous les déplacements se font en barque.
De ce lieu si particulier et quelque peu hors du temps émerge une incroyable poésie qui entraîne le film aux limites du fantastique. Le Gâteau du président parvient ainsi à amalgamer la fable, le regard social et un soupçon d’onirisme : une recette parfaite.
🎥 Le Gâteau du président, de Hasan Hadi, avec Baneen Ahmed Nayyef, Sajad Mohamad Quasem, Waheed Thabet Khreibat, Rahim Alhaj. 1 h 42. Sortie mercredi.
Le cinéma adore les films de braquage. Ils obéissent en général à un protocole bien établi : recrutement d’une équipe, préparation minutieuse du casse et réalisation de haute voltige… Mais quand Kelly Reichardt, l’une des très rares réalisatrices américaines actuelles, s’empare du genre, on peut s’attendre à ce qu’elle emprunte quelques chemins de traverse, comme elle l’a déjà fait par exemple avec le western (La Dernière piste, First Cow). Le titre du film lui-même, The Mastermind, est déjà un leurre : James Blaine Mooney, dit « J.B. », qu’incarne à la perfection Josh O’Connor, n’a rien du « cerveau » traditionnel.
Petit-bourgeois sans envergure vivant dans une maison ordinaire avec une épouse, il est à la tête d’une bande de bras cassés qui va tant bien que mal voler des toiles d’Arthur Dove, un pionnier de l’abstraction, exposées dans le petit musée d’une banlieue banale du Massachusetts. Le tout dans une Amérique des années 1970 qui semble mortellement s’ennuyer, contrairement aux images habituelles de la contre-culture de cette époque.
La réalisatrice prend ainsi un malin plaisir à déjouer tous les codes en vigueur, y compris dans une ultime partie au cours de laquelle le héros prend enfin son envol. Mais, là comme ailleurs, il convient de se méfier des apparences, semble nous dire Kelly Reichardt. Entre film de genre et tableau social décalés, The Mastermind impose avec talent son rythme et son regard tendre et désabusé.
🎥 The Mastermind, de Kelly Reichardt, avec Josh O’Connor, Alana Haim, Bill Camp, Hope Davis.
Les deux gardes du corps personnels de David le prirent par le bras et suivirent le général. Les militaires s‘étaient mis au « garde à vous » sur les côtés du couloir. Celui-ci menait à un ascenseur. Le général inséra à nouveau son badge et la porte s’ouvrit. Il y montèrent tous les quatre. Il n’y avait pas de niveau d’indiqué. Davide se rappelait de ce programme mélangeant deux anciennes technologies. Il s’en souvenait très bien, cinq années de travail acharné pour réaliser un vieux rêve d’enfant 500 un peu solitaire.
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Il voulait un ami et il avait trouvé en l’informatique la possibilité d’avoir cet ami. Un ami capable de réfléchir vite, exempt de sentiment. Les deux gardes du corps personnels de David le prirent par le bras et suivirent le général. Le seul moyen de le stopper serait d’arrêter tous les ordinateurs, ce qui aurait les mêmes conséquences que de laisser Prélude lancer les bombes. Depuis longtemps, toutes les installations à risque nucléaires s’emballeraient, les silos nucléaires. 1 000 ? Les deux gardes du corps.
🎥 Selon Joy, de Camille Lugan, avec Sonia Bonny, Volodymyr Zhdanov, Raphaël Thiéry, Asia Argento. 1 h 26. Sortie mercredi.