Sant Ambroeus et Cassaro's, match nul. La chronique de François Simon

Découvrez le Sant Ambroeus et Cassaro's, à Paris.
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De tout temps, la scène parisienne s’est amourachée de la cuisine italienne, symbole d’un chic décomplexé, mondain et joyeux. Régulièrement, ces tables tapaient au centre de la raquette avec l’accent de velours, la cuisine alanguie et les additions cravachées. Pas de raison que cela ne s’arrête pas, Paris aime bien avoir des habitudes avant de se lasser. Il nourrit un rapport à la cuisine italienne comme avec l’usage des mots anglais vu tel un symbole de modernité – un désarmant infantilisme.
Tout récemment, après le Zeffirino du groupe Giraudi, viennent de s’ouvrir coup sur coup le Sant Ambroeus face à La Société, au pied de l’église Saint-Germain-des-Prés, et à 300 mètres de là Cassaro’s, du groupe Beaumarly (famille Costes). Question décor, le Sant Ambroeus décroche la palme avec une scénographie exceptionnelle réhabilitant le social dining et ses arrivées théâtrales : coin, recoin, balustres, alcôves, grandes tables, lumières, acajou, tout est bien en place.
Cassaro’s a le mérite de rhabiller l’ex-brasserie (Le Muniche, puis Le Germain) en une petite bonbonnière (dans la deuxième salle au fond, s’entend) non sans démériter. Mais le raffut est de tous les diables, faisant cogner l’aiguille d’un sonomètre vers les 97 dB.
L’accueil dans les deux établissements se fait bien entendu à la tête du client, vous faisant glisser, au gré de critères impalpables, d’une table minable à un purgatoire bienveillant, mais ce qui est frappant dans les deux adresses, c’est la banalité des nourritures, teuf-teufant dans le genre transalpin, délivrant des risottos recuits, des crudos insipide (Sant Ambroeus) et rivalisant tous deux dans des tiramisus à la crème souple mais sans profondeur.
Les Parisiens peinent à donner de la vie et il faut toute la grinta des visiteurs étrangers pour donner un peu de peps à ces soirées. Additions saignantes (environ 150 euros), cela va de soi, vous laissant sur le trottoir un brin berné, bref bien parisien.
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