Les JO s’ancrent à Milan. Une bonne raison de glisser d’un musée à l’autre, de slalomer entre les œuvres et d’atteindre des sommets exaltants. Déambulation lombarde.
Milan n’est pas la ville que l’on cite en premier en évoquant le génie artistique italien. Erreur. De Vinci à Verdi, de Sereni à Armani, de ses musées à sa cathédrale, la ville est incontournable, essenziale ! Rome a un charme fou. Florence est le raffinement à l’état pur. Sienne envoûte. Milan impressionne par sa puissance, sa richesse, sa réserve. Il suffit de chausser sa curiosité, de slalomer entre musées et œuvres, de faire une descente au plus profond de soi, de prendre son temps contrairement à la compétition sportive.
Pour vivre l’art dans la ville, chi va piano va sano,« qui va lentement va sûrement ». Capitale des JO, Milan fut celle de l’Empire romain (286-402), de la République cisalpine en 1797 sous Napoléon Bonaparte, puis du royaume d’Italie en 1805.
Milan devient une capitale industrielle au XIXe siècle, d’où une apparence plutôt sérieuse. Milan, ce n’est pas la dolce vita mais la business vita. La ville dévore ce qui relève des technologies, des sciences, des découvertes qu’elle transforme en or. Quand l’automobile prend son essor, la vitesse entre dans l’art. L’automobile d’Ettore Bugatti obtient le titre de meilleure voiture italienne à la foire de Milan de 1901, atteignant 60 km/h.
Certains peintres impressionnés par la vitesse, celle des voitures comme celle liée à l’industrialisation, tentent alors d’immobiliser celle-ci, un défi. Naît alors un mouvement dont les œuvres font un vacarme fou, le futurisme. Né en 1909, celui-ci est indissociable de la révolution industrielle.
Dans les œuvres futuristes milanaises, pas d’oliviers au bord de la mer, pas d’histoires d’amour comme celles chantées à la fameuse Scala au XIXe siècle dans les œuvres de Donizetti, Puccini, Rossini ou Verdi, lequel y mourut en 1901. Dans les tableaux futuristes, des formes géométriques tentent de s’échapper des cadres avec fracas. Le sujet essentiel est la matière en effusion, en explosion, en décomposition, en ébullition. Le mouvement fut structuré, régenté par un homme, Filippo Tommaso Marinetti.
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