L’indépendance bafouée de la Fifa
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Donald Trump brandit un carton rouge aux côtés du président de la FIFA, Gianni Infantino, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, en 2018.
LTD/REUTERS/Leah Millis
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Donald Trump brandit un carton rouge aux côtés du président de la FIFA, Gianni Infantino, dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, en 2018.
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« Le carton rouge, c’est pour expulser un joueur. » La scène se déroule en 2018, dans le Bureau ovale de la Maison-Blanche. Tout sourire, Gianni Infantino présente à Donald Trump le carton rouge utilisé par les arbitres. « J’aime ça », répond le président américain, si amusé qu’il brandit l’objet à l’adresse des journalistes présents. Le patron de la Fifa ne pouvait sans doute pas imaginer que, huit ans après, ce simple carton deviendrait le symbole d’une affaire sans précédent autour du Mondial.
Dans ce dossier, la Fifa a perdu la bataille de la communication dès lundi matin, quand Donald Trump a expliqué face caméra avoir appelé Gianni Infantino pour demander la « révision » du carton rouge infligé à Folarin Balogun, l’attaquant vedette des États-Unis. Une déclaration qui a provoqué un tollé. « Sur le moment, je ne pense pas qu’il se rend compte qu’il est en train de décrire une ingérence dans la plus grande organisation sportive mondiale », confie un élu de la Fifa.
« Nous pouvons voir cet épisode comme la confirmation de la soumission de la Fifa aux volontés de l’administration Trump », appuie Kévin Veyssière, expert en géopolitique du sport. La scène surprend d’autant plus que ce type d’intervention reste habituellement cantonné aux coulisses. Au quotidien, Gianni Infantino discute avec de nombreux chefs d’État, qui ne se privent pas de faire valoir leurs intérêts auprès de son institution. Mais rarement de manière aussi publique.